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Macro-économie / Taux / Chine / croissance

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Chine / croissance

Quand la Chine s'essouffle, c'est toute l'économie mondiale qui ralentit

L'Empire du milieu a affiché l'an dernier son plus faible niveau de croissance depuis 1990, dans un contexte de guerre commerciale accrue et de changement de son paradigme économique. Du coup, c'est l'ensemble de la croissance mondiale qui devrait souffrir, alors que le pays représente un peu plus de 15% du PIB global. 
Grande muraille de Chine
Grande muraille de Chine

La croissance chinoise n'aura finalement pas franchi à la baisse le cap symbolique des 6%. Et aura performé l'an dernier à hauteur de 6,1%, quand beaucoup de prévisionnistes redoutaient un ralentissement à hauteur de 5,9%. Certes, le pays a fait légèrement mieux que prévu. Mais c'est tout de même son rythme de croissance le plus faible depuis 1990, contre un niveau de 6,4% en 2018. Et il serait faux de mettre ce ralentissement sur le dos de la guerre commerciale et de la baisse des exportations du pays. Car dans le détail, les ventes à l'étranger ont en réalité tenu bon l'an dernier, et ont progressé de 1,3 point. En revanche la consommation a sensiblement reculé, de 1,5 point, tandis que les dépenses en investissement sont restées stables.

La signature de la phase Un de l'accord commercial entre les États-Unis et la Chine est tout de même une bonne nouvelle pour les perspectives économiques du pays cette année. "L'économie chinoise s'est stabilisée, pour l'instant, et en parallèle la première phase de l'accord commercial entre les États-Unis et la Chine représente une bonne nouvelle pour l'économie mondiale", explique ainsi Tom Rafferty, économiste Chine, pour The Economist Intelligence Unit. Mais les risques pour l'économie chinoise restent orientés à la hausse, alors que l'accord pourrait à tout moment être brisé en cas de reprise des tensions côté américain. En outre, le pays souffre encore d'un niveau d'endettement massif et d'un système bancaire parallèle (ou shadow banking) certes moins important qu'il y a trois ans grâce à une régulation plus contraignante, mais encore susceptible de plomber l'économie en cas d'explosion de la bulle : "Alors que les entreprises et les investisseurs peuvent se permettre de respirer un peu, après une année 2019 difficile, nous considérons toujours que les risques pour les perspectives de la Chine sont principalement orientés à la hausse, étant donné la nature fragile de la trêve commerciale et les risques qui pèsent encore sur les marchés financiers chinois", poursuit l'économiste. 

Il convient de garder en tête aussi que ce chiffre de 6,1% de croissance provient de l'Institut de la statistique chinois, qui dépend directement du parti communiste du pays. De ce fait, beaucoup d'économistes estiment que les données sur la croissance chinoises sont peu fiables et bien souvent suréévalués, les données étant initialement communiquées par les responsables régionaux à l'Institut, dont la promotion au sein du parti dépend des performances de leur province. 

Malgré ce ralentissement inquiétant, le gouvernement ne devrait pas ouvrir davantage les vannes du crédit alors que le niveau d'endettement global dépasse les 250% du PIB. Les autorités chinoises devraient en revanche continuer d'user du levier budgétaire cette année, après avoir procédé à une baisse des charges sociales et d'une politique fiscale plus accommodante (la TVA sur les biens industriels a ainsi été réduite de 16% à 13% en avril 2019). Mais dans une moindre mesure seulement, toujours dans l'optique du gouvernement de ne pas creuser le déficit outre mesure. 

Le ralentissement que subit la Chine est certes graduel et visiblement contrôlé par les officiels chinois, désireux de sortir d'un modèle uniquement basé sur les exportations. Mais rappelons qu'il y a dix ans, le pays performait encore à plus de 10% (après avoir même atteint 14% de croissance en 2007). Or lorsque la Chine ralentit, c'est toute l'économie mondiale qui en pâtit : la part de la Chine dans le PIB mondial, calculée en parité de pouvoir d'achat représente désormais plus de 15%, selon les données les plus récentes du FMI. En 1979, année du coup d’envoi des réformes et de l’ouverture au monde de l’Empire du Milieu, la part de la Chine dans le produit intérieur brut mondial ne représentait que 2%. Du coup, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime qu'une décélération brutale de la Chine (ralentissement de 2%) pourrait amputer de 0,4 point au moins la croissance mondiale. Il serait surprenant que l'économie chinoise ralentisse dans ces proportions cette année. Mais en continuant de décélérer, elle impactera certainement l'ensemble de l'économie mondiale. 

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