WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Politique monétaire / Gouverneur / Banque de France / QE

Politique monétaire
Gouverneur / Banque de France / QE

À Davos, François Villeroy de Galhau revient sur les taux négatifs

Le gouverneur de la Banque de France a expliqué que la BCE s'efforcerait de mitiger l'impact des taux négatifs pour les banques, tout en les appelant à faire leur part du travail ; François Villeroy de Galhau a rappelé qu'il avait été l'un des principaux défenseurs du système de "tiering".
François Villeroy de Galhau
François Villeroy de Galhau

Au lendemain de la conférence de presse de Christine Lagarde, au cours de laquelle la nouvelle présidente de la BCE a annoncé le lancement d'une revue stratégique pour la Banque des banques, le gouverneur de la Banque de France s'est exprimé à Davos sur la politique monétaire de Francfort. "Cette revue devra aller au-delà du simple débat sur l'objectif d'inflation de la BCE. (...) Nous devons nous efforcer de mieux communiquer auprès des ménages et des entreprises car ce sont eux qui sont les faiseurs de prix in fine", a déclaré François Villeroy de Galhau dans une interview sur Bloomberg. "Nous devons davantage les écouter et prendre en compte leurs anticipations d'inflation, que nous ne mesurons pas assez précisément", a ajouté le gouverneur.

La communication sera effectivement l'un des principaux axes de réflexion de l'exercice d'introspection auquel les membres de la BCE, les universitaires et personnalités de la vie civile réfléchiront ces douze prochains mois, tant la politique monétaire semble un monde obscur et peu compris du grand public. Malgré l'effort de pédagogie évident mené par la BCE depuis la crise de la dette, grâce à de courtes vidéos explicatives publiées sur son site et l'organisation de "dialogue avec la jeunesse", peu de citoyens européens comprennent son action. Et leur perception de l'inflation est d'ailleurs souvent bien supérieure à celle mesurée par les statisticiens de l'institution. Interrogée hier sur ce décalage entre le niveau réel des prix et celui que les Européens pensent être, Christine Lagarde a répondu que le sujet ferait partie des problèmes abordés par les équipes lors de la revue stratégique. L'une des solutions consisterait à intégrer le prix de l'immobilier dans la mesure de l'inflation, afin de mieux prendre en compte le niveau de prix ressenti par le consommateur moyen.

Autre sujet qui inquiète les Européens, celui des taux négatifs justement, l'un des instruments de la politique monétaire le plus critiqué du grand public, qui redoute que les banques ne lui imputent le prix de la facture sur leurs dépôts courants. "Les taux d'intérêt négatifs ne s'appliqueront pas aux citoyens européens", a pourtant défendu le gouverneur de la Banque de France ce matin. Dans l'Hexagone pour l'instant, aucune banque n'a reporté sur ses clients le coût du taux de dépôt négatif, sauf une ou deux banques de fortune sur les dépôts de leurs clients les plus aisés et dépassant un certain montant.

Le gouverneur a reconnu que la BCE devrait s'efforcer d'atténuer les effets indésirables de sa politique de taux négatifs, qui pèse indéniablement sur la profitabilité des banques. À cette occasion, François Villeroy de Galhau n'a pas manqué de rappeler qu'il avait été l'un des principaux défenseurs du "tiering". Système qui permet désormais aux banques d’avoir une partie de leurs dépôts à la BCE exemptée des taux négatifs, afin d’éviter d’entamer trop fortement leur rentabilité et de réduire l’impact sur l’octroi des crédits. Ainsi, seules les liquidités représentant plus de six fois le montant de leurs réserves obligatoires sont taxées, alors qu'auparavant, c'est l'ensemble des liquidités excédentaires qui était soumis au taux de -0,5%. En 2020, ce système va permettre aux institutions financières de la zone euro d'économiser 4 milliards d'euros et pour 800 millions d'euros pour les banques françaises, a expliqué le gouverneur ce matin. Selon lui, ce système a permis de rétablir un équilibre entre transmission de la politique monétaire et protection de la rentabilité des banques et devrait donc être maintenu, sans changer le niveau de liquidité taxé. "Les banques ont aussi leur part du travail à faire (NDLR.pour prendre en compte le fait que les taux sont très bas)", a conclu le gouverneur.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article