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Airbus / corruption

Airbus payera le prix de la tranquillité

L'avionneur européen a signé un accord de principe avec trois pays dont la France, l'idée étant de mettre un terme aux accusations de corruption dont il fait l'objet.
Airbus - usine - industrie - avion
Airbus - usine - industrie - avion

Il vaut souvent mieux se dénoncer soi-même que de se faire trahir. C'est la stratégie choisie hier par l'avionneur européen Airbus qui, par voie de presse, annonce ce matin avoir signé un accord de principe avec les autorités françaises, britanniques et américaines. L'intention, mettre un terme aux allégations de corruption dont il fait l'objet et sur des enquêtes de conformité à la réglementation américaine sur la commercialisation d'armes.

En réalité, le communiqué de presse d'Airbus intervient quelques heures après la parution d'un article du Financial Times selon lequel un accord était imminent entre la compagnie et les régulateurs, ce qui devrait faire valoir à Airbus la signature d'un chèque d'environ 3 milliards de dollars, c'est-à-dire près de six fois ce que Rolls-Royce avait réussi à négocier pour des allégations similaires en 2017. Du reste, la préparation de l'avionneur à un accord a déjà coûté la tête de plusieurs cadres supérieurs, la direction faisant le pari d'un renouvellement quasi total des instances pour justifier de meilleures conduites. C'est dans ce contexte que le directeur général Tom Enders et le directeur exécutif et candidat au poste de PDG Fabrice Brégier, ont tous deux fait leurs valises au printemps dernier. Par ailleurs, la compagnie a annulé la publication d'un livre qu'elle avait commandé en 2019 sur ses 50 ans d'histoire, car un chapitre traitant de l'épisode de corruption aurait pu interférer avec les affaires.

Airbus était notamment visé par des enquêtes sur des irrégularités de transactions d'abord en France et au Royaume-Uni, des faits qu'il avait lui-même dénoncés en 2016 auprès des autorités judiciaires concernées pour se mettre à l'abri d'éventuelles poursuites. Fin 2018, c'était au tour du parquet américain, le Department of Justice (DoJ), d'enquêter sur le groupe européen. Airbus avait découvert en 2013 qu'un certain nombre de transactions effectuées par une entité interne, baptisée Strategy and Marketing Organization (SMO), n'étaient pas conformes. Il avait notamment trouvé des contradictions dans des montants de commissions de consultants et établi fin 2015 que les agents commerciaux dans certaines transactions n'avaient pas été identifiés auprès des agences d'aide à l'export.

Un accord, parmi les plus importants de ces dernières années, permettrait à Airbus de passer outre la longue enquête, alors que son concurrent Boeing est aux prises avec l'immobilisation au sol de son 737 Max à la suite de deux accidents mortels. Le titre prend plus de 1,5% depuis l'ouverture.

 

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