Macro-économie / Taux / Dette / Dette obligataire / dette privée / Standard&Poors
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Dette / Dette obligataire / dette privée / Standard&Poors
Un « mur de la dette » à 11.000 milliards de dollars
Tous les ans, l’agence de notation Standard & Poor’s calcule le fameux "mur de la dette", c’est-à-dire le niveau de dette corporate qui doit être refinancé dans les 5 ans. Début 2020, cette dette mondiale des entreprises a augmenté de 3 % sur un an à 10.790 milliards de dollars. La majorité des échéances n’arrive pas à court terme puisqu’elle se situe en 2022, où les sociétés devront rembourser ou refinancer 2.300 milliards de dollars. Quant aux entreprises qui sont en catégorie spéculative, elles représentent moins d’un quart du total de la dette (2.300 milliards de dollars) et leurs maturités sont majoritairement situées en 2023 et 2024.
Standard & Poor’s s’attend à une nouvelle hausse des émissions de dette en 2020 grâce à la politique accommodante adoptée par la Fed en 2019 et le stimulus engagé par la BCE, qui vont conduire au maintien de taux très bas, et même négatifs, des souverains. Ce qui va aiguiser l’appétit des investisseurs pour des rendements positifs, et l’intérêt des entreprises - notamment investment grade – de profiter de cette demande pour se refinancer à plus long terme et pour moins cher.
Néanmoins, plusieurs risques pourraient peser sur cet environnement à priori idéal de financement des entreprises, selon S&P. Tout d’abord, le ralentissement de la croissance économique. Le PIB européen devrait passer de 1,2 % en 2019 à 1 % en 2020, et le PIB américain de 2,3 % à 1,9 %, tandis que la Chine devrait passer à une croissance de 5,7 % avec le resserrement des conditions financières. Mais aussi les risques géopolitiques, comme l’incertitude relative aux relations entre UE et Grande-Bretagne dans la période post-Brexit, les tensions commerciales, ou les révoltes sociales comme Hong Kong.
Néanmoins, certains sujets se sont apaisés en 2019, comme les élections britanniques et la finalisation de la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE au 31 janvier ou la signature de la phase 1 de l’accord commercial US-Chine. Combinés à un environnement très favorable des banques centrales, les émissions de dette ont grimpé de 12 % l’an passé à près de 2.500 milliards de dollars, surtout tirées par les non-financières (+24 %).
Enfin d’un point de vue sectoriel, ce sont les utilities et les produits de grande consommation qui ont contracté les plus gros montants de dette, à 674 et 647 milliards de dollars respectivement dans les cinq prochaines années. Les acteurs des utilities ont de gros besoins en capitaux notamment pour réduire son empreinte carbone et font surtout face à une régulation de plus en plus stricte. La grande consommation doit faire face à une érosion de la croissance due à des changements de goûts des consommateurs, mais aussi à une hausse de ses bases de coûts, ce qui fragilise les entreprises les plus endettées. Du côté des spéculatives, c’est le secteur des médias et loisirs qui est le plus représenté.
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