Publications, Résultats / Engie / Jean-Pierre Clamadieu / Isabelle Kocher
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Engie / Jean-Pierre Clamadieu / Isabelle Kocher
Quelle stratégie maintenant pour Engie ?
Qui aurait pu penser que l’action Engie bondirait de près de 4% le jour de la présentation des résultats, dans un marché fortement orienté à la baisse, compte tenu de tout le mal qui a été dit de la stratégie mise en œuvre par Isabelle Kocher pour que ce groupe recrée enfin de la valeur après trente années d’atrophie ? Et pourtant c’est bel et bien le cas. Il faut dire que les résultats sont bien meilleurs que ceux qui étaient anticipés comme WanSquare l’annonçait la semaine passée.
Qu’on en juge : le chiffre d’affaires ajusté affiche une croissance organique de 4,7% à plus de 64 milliards d’euros, Le résultat opérationnel progresse de 8,1% à plus de 10 milliards d’euros. Quant au résultat opérationnel courant il bondit de 14,4% à 5,7 milliards d’euros. Le bénéfice net part du groupe est, pour sa part en hausse de 11,1% à 2,7 milliards d’euros. Pour un groupe que certains de ses administrateurs ont dépeint comme étant "en crise" ou bien "à la dérive" ou bien "dépourvu de gestion cohérente", on aurait pu s’attendre à toutes autres performances. La stratégie menée par Isabelle Kocher pendant ses quatre années de mandat a donc porté ses fruits. Puisque jamais le groupe n’a été aussi rentable, avec une marge opérationnelle de 9%.
Maintenant que celle qui portait cette stratégie a été "sortie du jeu", il faut lui trouver un remplaçant, et surtout justifier ce changement de personnes par un changement de stratégie. Il paraît qu’Isabelle Kocher ne s’intéressait pas assez au gaz, qui génère une grande partie des résultats. Soit. Mais les résultats sont tout de même là. Il paraît qu’elle se désintéressait du nucléaire belge. Il n’empêche que tous les réacteurs fonctionnent et produisent leur part de cash-flow. Il paraît qu’elle n’était habitée que par l’idée de faire de Suez le leader de la transition écologique et de l’énergie décarbonée. Il est vrai que ce n’est pas cela qui fait les résultats, mais c’est en fixant un tel cap que l’on prépare le long terme.
Que va-t-il rester comme choix à son successeur ? Se replier sur l’activité gazière, dont la tendance va forcément décroître à long terme. Se focaliser sur le nucléaire belge qui est très rentable, mais pour lequel il faut anticiper le démantèlement en termes financiers. Ou bien être l’acteur de référence des énergies renouvelables. Quitte à remettre la main sur la totalité du capital de Suez – comme le souhaitait Isabelle Kocher, contre son conseil d’administration – afin d’avoir une offre complète pour particuliers, industriels et collectivités en matière de propreté, d’aide à la transition énergétique par les services, et d’économie circulaire. Bien sûr Jean-Pierre Clamadieu, qui est un industriel avisé a toute cette problématique en tête. Mais le marché attend maintenant de savoir quelle direction va prendre Engie. Sachant que celle qui était engagée a été la plus efficace de toutes celles que l’on a pu connaître au sein de ce groupe depuis un quart de siècle.
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