WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Professions financières / Hedge funds / coronavirus

Professions financières
Hedge funds / coronavirus

coronavirus Coronavirus : le hedge fund qui avait vu juste

CORONAVIRUS. Bill Ackman, qui a appelé Donald Trump à fermer le pays pour 30 jours et s’est protégé contre la menace du coronavirus sur les marchés, a gagné 2,7 milliards de dollars. Le gérant de hedge fund fait oublier plusieurs années de mauvaises performances.
Hedge fund
Hedge fund

La semaine dernière, Bill Ackman envoyait un message très clair sur Twitter à Donald Trump : un confinement total, une fermeture de la frontière pour 30 jours, soit un "Spring break" par anticipation. Il faut dire que le gérant de hedge fund a pris la menace du coronavirus au sérieux très tôt. Lors d’une interview sur CNBC, il a reconnu avoir retiré des sommes astronomiques en cash du distributeur, a estimé qu’Hilton pouvait voir sa valorisation tomber à zéro ou encore que Blackstone pourrait se retrouver à court de deals. "L’Enfer arrive", a-t-il prévenu, accentuant le décrochage du S&P 500. De quoi faire titrer Bloomberg : "l’interview du milliardaire qui a fait trembler les marchés".

Mais l’homme, qui a préparé ses équipes à quitter leur bureau de Manhattan dès fin janvier, a également anticipé que la propagation de la pandémie allait provoquer la déroute des marchés. Sa firme a investi 27 millions de dollars de produits de couverture pour se protéger contre ce krach, en particulier la déconfiture des indices obligataires investment grade et high yield. Grand bien lui en a fait : hier, sa firme a annoncé avoir vendu ces produits de couverture, qui lui ont rapporté 2,7 milliards de dollars. Si bien qu’au mois de mars, Pershing Square affiche pour l’instant un rendement de 7,9% alors que le S&P 500 a perdu 17%, et un rendement de 0,2 % sur l’année (-21 % pour le S&P 500).

Un pari gagnant pour l’homme, qui a subi l’opprobre et d’importantes fuites de capitaux ces dernières années, pour des campagnes aussi risquées qu’infructueuses. Pour rappel, au sommet de sa réputation et alors qu’il gérait un total de 20 milliards de dollars en 2015, l’homme a lancé un pari désastreux contre le laboratoire pharmaceutique Valeant, dont il est sorti deux ans plus tard après avoir perdu 4 milliards de dollars. Pendant ce temps, il investit aussi 2 milliards de dollars pour shorter Herbalife, un groupe de produits diététiques qu’il a accusé d’être un schéma de Ponzi mais n’a pas obtenu gain de cause devant la FTC (Federal Trade Commission).

Résultat de ces deux déconfitures, Pershing Square a subi des sorties massives de ses investisseurs et est tombé à moins de 8 milliards de dollars sous gestion contre 20 milliards à l’été 2015. Depuis, l’homme estime que le point bas a été atteint et a réinvesti, notamment dans Berkshire Hathaway, la firme de Warren Buffett, les hôtels Hilton ou encore Starbucks.

De leur côté, les pairs de Bill Ackman ont en revanche profité d’une année 2019 performante pour se rémunérer grassement. Selon Institutional Investor, les 25 hedge funds les mieux payés ont gagné un total de 20,1 milliards de dollars, un record depuis 2013, soit une moyenne de 808 millions par individu. Deux gérants se partagent le haut du podium : Chris Hohn de TCI et Jim Simons de Renaisance, avec un chèque de…. 1,1 milliard de dollars chacun.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article