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Start-up / Private Equity / Private equity / Deal / Fonds d'investissement / Valorisation

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Private equity : la vie d’après

En pleine période de coronavirus, les fonds sont à la fois absorbés par l’aide aux participations, mais réfléchissent aussi à la suite des deals. Ils lancent même de nouveaux dossiers, quitte à devoir faire des compromis de prix ou de financement.
La tendance se retourne sur le Private Equity - Crédit Photo : DR
La tendance se retourne sur le Private Equity - Crédit Photo : DR

L’étude Roland Berger publiée il y a quelques jours sur l’état du private equity français était bien pessimiste sur le coup porté par la crise du coronavirus. Dans les faits, la réalité est parfois plus nuancée. Les professionnels du secteur, pourtant très absorbés par le soutien opérationnel ou encore l’aide aux renégociations de prêts et aux demandes d’aides publiques, finalisent leurs opérations. De sources proches des dossiers, les opérations signées se sont toutes closées, à une ou deux exceptions près, car il s’agit avant tout d’un enjeu réputationnel pour les fonds. Ces derniers doivent démontrer qu’ils savent garder parole, sous peine d’être boycottés par les fonds, les banques et autres conseils impliqués dans ces opérations.

Une exception récente : Cruiseline, le spécialiste monégasque des croisières, qui avait signé un LBO ter avec le fonds Abénex au terme duquel les managers ont aussi réinvesti, et financé en unitranche par Tikehau Capital. Pour un actif dans une industrie aussi sinistrée, difficile de closer avec une valorisation qui n’est plus du tout corroborée par les mêmes cash flows, un mois plus tard.

Face à un tel choc, les acteurs ont d’abord réagi avec panique, puis se sont mobilisés pour accompagner leurs participations, optimiser la gestion de leur trésorerie et les soutenir dans les mesures d’urgences et demandes de prêts. "La grande majorité des deals qui n’étaient pas encore signés sont suspendus. Dans une situation sans précédent, nous entendons deux types de discours : pour certains, la vie va continuer malgré tout. Pour d’autres, il est trop difficile de retraiter l’effet coronavirus dans les chiffres et sans cela, il est impossible d’établir un prix", commente Me Grégoire Andrieux, managing partner du cabinet McDermott Will & Emery. Les conseils s’activent pour mettre en place des mécanismes correctifs de prix, en fonction d’impacts liés au coronavirus qui n’auraient pas été pris en compte.

Après plusieurs années de valorisations records, le prix sera une question cruciale pour le retour des opérations. Pour certains secteurs où il n’existe aucune visibilité sur la reprise d’activité, impossible d’établir un business plan, et donc de fixer une valorisation. D’autant que le financement pourrait être plus corsé. "Côté financement, il existe un problème de bande passante car les banques sont déjà très absorbées par les PGE. Mais il existe des solutions alternatives comme les fonds de dette privée et même l’unitranche, même si celui-ci est parfois un peu plus coûteux", ajoute Grégoire Andrieux.

Ce dernier juge néanmoins que le climat n’est pas si anxiogène, les fonds voient aussi les opportunités de ce genre de crise et misent sur des secteurs un peu moins attractifs il y a peu, car avec des courbes de croissance moins impressionnantes. "Les dossiers continuent à arriver sur nos bureaux, à l’achat comme à la vente. Les prix vont peut-être baisser mais le marché restera compétitif, car les fonds ont beaucoup d’argent à investir et certains s’approchent de la fin de leur période d’investissement". Les industriels, qui engageront des cessions d’actifs pour dégager du cash, pourraient en profiter.

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