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Entreprises / Actions / EDF / Bouygues / Bouygues Telecom / Publication des résultats / coronavirus

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EDF / Bouygues / Bouygues Telecom / Publication des résultats / coronavirus

EDF qui rit, Bouygues qui pleure

L’électricien français bondit en Bourse après ses résultats, après avoir révisé ses objectifs de production nucléaire et écarté le scénario d’une augmentation de capital. À l’inverse, Bouygues est durement touché et sanctionné pour son manque de visibilité dans cette crise.
Martin Bouygues
Martin Bouygues

Difficile séance en Bourse ce jeudi, où le CAC 40 chute de plus de 2%, les investisseurs ayant été échaudés par les propos peu optimistes de Jerome Powell sur la reprise économique ou encore par l’OMS, qui indique que le coronavirus pourrait ne jamais disparaître totalement. Mais cette séance est contrastée pour deux grands noms de la cote, qui ont publié leurs résultats trimestriels ce matin.

D’une part, EDF bondit de 3,5 % après avoir publié un chiffre d’affaires en baisse organique de 1 % à 20,7 milliards d’euros. L’activité du groupe détenu à 83 % par l’État a d’un côté été tirée par les conditions avantageuses de prix de l’électricité en France et au Royaume-Uni, mais impacté par ailleurs par ses activités gazières, à hauteur de 680 millions d’euros de revenus. Sur le premier trimestre, EDF a chiffré l’impact de la crise sanitaire à 247 millions d’euros, soit un niveau raisonnable étant donné que la consommation d’électricité a baissé de 20% pendant le confinement. Certes, il est bien en peine d’évaluer les effets de cette pandémie sur le reste de l’année, raison pour laquelle il avait déjà suspendu ses objectifs 2020 et 2021.

Mais les investisseurs ont surtout apprécié deux éléments. D’une part, le groupe de Jean-Bernard Lévy adapte sa voilure au contexte actuel : après avoir estimé que la production nucléaire devrait atteindre son plus bas niveau depuis 30 ans cette année, il a revu à la baisse ses prévisions de production entre 2020 et 2022, et ralenti la construction de ses centrales nucléaires depuis la mi-mars (dont Flamanville 3 et HPC). D’autre part, il a rassuré sur sa santé financière, avec 28,8 milliards d’euros de liquidités à fin mars, auxquelles s’ajoutent 10,3 milliards d’euros de crédits bancaires non tirés. Le directeur financier Xavier Girre a achevé de convaincre le marché en assurant qu’une augmentation de capital n’était "pas du tout sur la table" pour se renflouer.

À l’inverse, le titre Bouygues était une des lanternes rouges de la cote parisienne ce matin, après des résultats trimestriels certes très dégradés par le coronavirus. Le chiffre d’affaires a reculé de 9 % à 7,2 milliards d’euros et la perte nette s’est creusée à 204 millions d’euros, contre 59 millions un an plus tôt. Alors que le groupe avait bien commencé l’année sur la construction et TF1, les mesures de confinement ont entraîné un coup d’arrêt sur l’activité. Le quasi-arrêt le la construction (-12 % au Q1) n’a pu être compensé par la résistance de Bouygues Telecom dans le contexte actuel (+2,5 %). Car les chiffres sont frappants : la crise Covid-19 a coûté 750 millions d’euros au premier trimestre, dont 600 millions en France avec l’arrêt brutal des chantiers.

C’est surtout au deuxième trimestre que le coup d’arrêt de la crise sanitaire va être le plus violent, reconnaît le groupe de Martin Bouygues, qui a renoncé à son dividende et à ses objectifs 2020 - sauf pour Bouygues Telecom, qui les a suspendus – et n’est pas en mesure d’en formuler de nouveaux. Certes, les chantiers reprennent doucement depuis la mi-avril, mais sont conditionnés à l’accord des clients, et la reprise ne sera que lente et poussive. Heureusement, le groupe a réduit drastiquement sa dette nette à 3,5 milliards d’euros à fin mars, contre 5,11 milliards il y a un an, et a donc les reins solides pour affronter cette épreuve.

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