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Rémunérations des patrons US : après le faste, l’austérité ?
Le Wall Street Journal a publié son habituel classement des rémunérations des dirigeants du S&P 500 en 2019, mais le journal dresse le tableau d’un autre monde, pré-Covid, alors que nombre d’entre eux ont déjà dû annoncer des baisses de salaires pour 2020. Dans le détail, la rémunération médiane des CEO de l’indice phare américain a atteint 13,1 millions de dollars, soit un nouveau record historique pour la cinquième année consécutive, contre 12,4 millions l’an passé. La majorité d’entre eux a obtenu une augmentation de 8% ou plus, alors que sur la même période, le rendement pour les actionnaires – métrique de comparaison utile pour des sociétés cotées – a approché les 30 %.
En 2019, c’est Sundar Pichaï, le patron d’Alphabet (maison-mère de Google), qui a emporté la palme du dirigeant le mieux payé : 280 millions de dollars, soit plus de 1.000 fois le salaire médian dans l’entreprise (258.000 dollars), alors que le groupe a dans le même temps affiché un rendement de 28%. Si le dirigeant a obtenu une promotion en passant de CEO de Google à CEO d’Alphabet lorsque les fondateurs Larry Page et Sergi Brin ont quitté leurs fonctions exécutives, le sujet de sa rémunération est devenu brûlant. Pour l’assemblée générale qui a eu lieu mercredi, les sociétés ISS et Glass Lewis avaient recommandé de voter contre ce plan de rémunération, jugeant qu’il était excessif et pas assez aligné sur les performances du groupe. Dans le Top 10, on retrouve aussi Robert Iger de Disney (47,5 millions de dollars), Reed Hastings de Netflix (38,6 millions) et Brian Roberts de Comcast (36,4 millions).
De l’autre côté du spectre figurent les patrons qui, fidèles à leurs habitudes, n’ont perçu qu’une rémunération plus symbolique : Jack Dorsey de Twitter (1,40 dollar), Warren Buffett de Berkshire Hathaway (374 773 dollars) ou encore Safra Katz, la CEO d’Oracle (965 981 dollars).
Mais ce classement est d’ores et déjà daté, dans la mesure où la crise du coronavirus a bouleversé l’activité de nombreux acteurs du S&P 500, ce qui a incité les dirigeants concernés à décider de baisses de rémunérations. C’est le cas pour 103 CEO de l’indice américain, dont certains figuraient pourtant en haut du classement 2019 : Robert Oger de Disney, Brian Roberts de Comcast, Larry Culp de General Electric, Edward Bastian de Delta ou encore Mary Barra de General Motors.
Reste qu’il s’agit ici de réductions de leurs salaires fixes, et non des stock options inclus dans le plan de rémunération. Or, ces derniers représentent une majeure partie des émoluments des CEO américains, dont la valeur dépend de l’évolution du cours du groupe en Bourse. En conclusion, les coupes de salaires ressemblent plus à une opération de communication qu’à une vraie variable d’ajustement financière.
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