WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
Le mariage forcé - et périlleux - de Conforama et But

Entreprises / Actions / M&A / BNP Paribas / Concurrence / Autorité de la concurrence

Entreprises / Actions
M&A / BNP Paribas / Concurrence / Autorité de la concurrence

Le mariage forcé - et périlleux - de Conforama et But

En raison de l'opposition de ses banques BNP Paribas et HSBC à lui prêter de l'argent, Conforama n’a pas eu d’autre choix que de s’allier avec But pour former le numéro un français du meuble. Mais cette opération n’est pas idéale en termes de concurrence et de synergies.
Conforama
Conforama

L’alliance entre Conforama et But, les deux acteurs français du meuble français, n’est pas une grande surprise, tant ils se lorgnaient depuis des années. Dès 2010, le patron de But à l’époque avait envisagé de reprendre son plus grand concurrent. Six ans plus tard, Conforama se fait souffler Darty par la Fnac au terme d’une bataille acharnée et se tourne vers But comme alternative. Mais sa maison-mère sud-africaine, Steinhoff, a été rattrapée l’an passé par un scandale de manipulations comptables par ses ex-dirigeants, tombant dans les mains de ses fonds créanciers, et la crise du coronavirus a précipité le sort de ses filiales.

Mais pas seulement. Conforama, qui affichait des résultats en progression sous l’impulsion de son nouveau patron depuis septembre 2019, avait sollicité un Prêt Garanti par l’État, garanti à 90 % comme le veut la loi. Mais ce dernier a été retoqué par ses banques créancières, BNP Paribas et HSBC, au grand dam des syndicats qui faisaient valoir une cessation de paiements imminente et la perte de 9 000 emplois directs, sans compter les 20 000 fournisseurs et emplois indirects. Les banques ont alors endossé un rôle politique pour forcer le groupe à se marier avec But, afin de créer un leader de marché dans l’Hexagone, avec 25 % de parts de marché devant Ikea.

Grâce à ses actionnaires depuis 2016, le groupe autrichien Lutz et le fonds CD & R, But n’a pas lésiné sur les moyens pour cette alliance : il va financer le plan social annoncé en février dernier, acquitter les factures des fournisseurs et réinjecter 200 millions d’euros d’argent frais. Mais l’opération vient d’être amenée devant l’Autorité de la Concurrence, et la complémentarité entre les deux groupes est moins évidente que pour Fnac et Darty. Ils seraient en concurrence frontale sur 75 villes, soit 150 magasins concernés selon LSA Expert. Ils ont également des lignes de produits similaires, ce qui limiterait d’autant les synergies en vue. Enfin, les fournisseurs déjà exsangues après cette crise du coronavirus pourraient à nouveau souffrir du rapprochement entre le deuxième et troisième acteur du secteur, d’autant qu’Habitat vient d’être vendu à Thierry le Guénic et qu’Alinea est tombé en redressement judiciaire.

Il revient donc aux banques de faire réussir cette fusion désormais. Le nouveau groupe va candidater à un PGE de 322 millions d’euros, condition sine qua non pour que ce mariage forcé puisse aboutir sans casse sociale. La promesse d’un numéro un français du meuble tient à cela, même si Ikea n’a sûrement pas dit son dernier mot.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article