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Présidence de l’UE : l’Allemagne prête à s’investir…enfin

Politique européenne / Allemagne / Angela Merkel / Union européenne / France

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Allemagne / Angela Merkel / Union européenne / France

Présidence de l’UE : l'Allemagne prête à s'investir

L'Allemagne vient de prendre la présidence tournante du conseil de l’UE. Angela Merkel a six mois pour agir, redresser l’UE et finir en beauté sa dernière année au pouvoir.
Angela Merkel
Angela Merkel

2020 sera la dernière année complète d’Angela Merkel en tant que chancelière allemande. Après sa chute de popularité à la suite de sa politique migratoire, la chancelière est parvenue à renouer avec l’opinion allemande, à travers sa bonne gestion lors de la crise sanitaire. Reste maintenant le défi de ne pas échouer dans son projet de plan de relance européen, et de redonner de l’impulsion à cette Union européenne non seulement en crise économique mais aussi très divisée et controversée. Certains voient dans cette présidence de l’UE par l’Allemagne une chance. En effet, au lendemain de cette crise magistrale, les attentes des pays envers l’UE sont énormes. Avoir à sa tête la dirigeante de la première puissance économique européenne peut paraitre en effet une "chance", à un moment où tout est à régler.

Mais il s'agit aussi d'une grande opportunité pour la chancelière allemande et pour son pays, comme Angela Merkel l'a rappelé dans son interview au "Monde": il est "dans l’intérêt de l’Allemagne que l’union européenne ne s’effondre pas". À l’occasion d’une table ronde au Sénat sur le projet allemand pour l’Europe, l'essayiste Nicolas Baverez expliquait justement pourquoi aujourd’hui seulement l’Allemagne était prête à des concessions pour renforcer la solidarité européenne, notamment sur sa politique d’endettement avec le plan de relance européen. Comment expliquer ce changement de doctrine de l'Allemagne , qui jusqu'à présent s'était montrée plutôt frileuse en termes de partage du risque entre États ?

Jusqu’alors, l’Allemagne pouvait voir envers le Royaume-Uni et les États-Unis de meilleures options que l’UE (plus particulièrement la France) pour développer son économie caractérisée par une balance commerciale excédentaire. Ce sont en effet deux pays qui, comme l’Allemagne, fonctionnent avec comme primat le droit et le marché, facilitant une entente à long terme. Mais à un moment où l’Angleterre quitte le navire européen et où les États-Unis s’éloignent de l’Europe et de l’Allemagne, notamment avec la fin de la garantie de la sécurité américaine, l’Allemagne n’a plus d’autre stratégie que l’UE. L’Allemagne voit en effet en l’UE sa dernière option pour étendre sa puissance économique à travers un marché unique fort.: "Nous agissons aussi dans notre propre intérêt. Il est dans l’intérêt de l’Allemagne que nous ayons un marché unique fort, que l’UE devienne de plus en plus unie et qu’elle ne s’effondre pas. Ce qui est bon pour l’Europe était et demeure bon pour nous", a d'ailleurs déclaré la chancelière au Monde. 

Cette présidence de l’Allemagne à l’UE sera tout particulièrement marquée par la capacité de la chancelière à convaincre l’ensemble des pays membre de l’importance du plan de relance proposé par le couple franco-allemand. Ce plan visant en particulier à accompagner l’UE sur les défis majeurs de notre époque que sont "le changement climatique et la transformation numérique". Angela Merkel ne peut pas se permettre de terminer cette dernière présidence ainsi que ses longues années de chancelière sur un échec. Reste à voir quels moyens mettra-t-elle concrètement en oevre pour relancer cette économie européenne, et convaincre les plus eurosceptiques.

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