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Politique économique / croissance / Banque de France / Enquête / Olivier Garnier

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La Banque de France croit en la reprise

La Banque de France a publié hier soir son nouveau point de conjoncture à fin juin 2020, afin d'évaluer l'impact du confinement sur l'activité de l'Hexagone. Le résultat de son enquête auprès de quelque 4 000 entreprises est de bon augure : la reprise est plus forte que prévu.
Siège de la Banque de France - BdF
Siège de la Banque de France - BdF

La France se remet peu à peu de la terrible épidémie de coronavirus qui a paralysé son économie pendant près de deux mois. C'est en tout cas le message qui ressort de l'enquête de conjoncture dévoilée hier soir par la Banque de France. "En termes d'activité, cela se passe aussi bien que ce que nous avions prévu en mai et on ne peut pas exclure que cela se passe même un peu mieux que dans nos projections", a ainsi déclaré Olivier Garnier, directeur général statistiques et études économiques au sein de la Banque de France, lors de la présentation du point de conjoncture.

Du coup, son institution, qui anticipait une perte de PIB de -12 % pour le mois de juin a finalement revu ce chiffre en légère hausse, à -9 %, après un recul de -17 % en mai et de -27 % en avril. Un chiffre de reprise de l'activité corroboré par d'autres données à haute fréquence, comme la consommation d'électricité et les transactions par carte bancaire, en hausse sensible sur le mois de juin.

En prenant en compte ces estimations de perte d'activité pour les mois d'avril mai et juin, la BdF estime que le PIB au second trimestre devrait diminuer de -14 % environ, soit une dégradation légèrement plus faible qu'anticipé le mois dernier (-15 %). Les perspectives d'activité pour le mois de juillet suggèrent par ailleurs que le niveau d'activité devrait continuer de se normaliser, mais à un moindre rythme, le gros du rebond ayant déjà eu lieu à la suite des mesures de déconfinement en mai et en juin. "Au fur et à mesure qu'on remonte les étages, la montée devient plus difficile", explique encore Olivier Garnier. La fameuse reprise en forme d'aile d'oiseau décrite par le gouverneur François Villeroy de Galhau, très forte au début, et qui s'aplanirait ensuite progressivement. "Si on fige l'activité en août et en septembre, et qu'elle reste au même niveau qu'en juillet, alors il faudra s'attendre à un rebond de 14 % au troisième trimestre", explique ainsi Olivier Garnier. Qui rappelle que ce rebond de 14 % ne permettra pas de compenser la chute du PIB de 14 % le trimestre précédent. La Banque de France, dont les prochaines prévisions annuelles révisées seront dévoilées en septembre prochain est donc plutôt confiante : "si ce qu'on attend pour juillet se confirme et que la situation sanitaire continue de se stabiliser, il est possible que la baisse du PIB cette année soit un petit peu moins forte que les -10 % que nous anticipons pour l'instant", poursuit le directeur. Prudence tout de même, car l'été pourrait réserver son lot de surprises et la crainte d'une seconde vague n'est pas encore totalement dépassée.

Une chose est sûre, les 8 500 entreprises interrogées entre le 26 juin et le 3 juillet se sont montrées plus confiantes pour le mois de juillet que lors de la précédente enquête de mai, notamment parce que leur activité en juin a été plus dynamique qu'anticipé. Même si certains sous secteurs restent encore très affectés par les conséquences sanitaires de la crise. Dans l'industrie, la production a ainsi enregistré une nouvelle hausse au mois de juin, avec une progression particulièrement marquée dans le secteur automobile et plus largement les transports, les autres produits industriels et les machines et équipements, qui avaient particulièrement souffert en mars et avril. Le taux d'utilisation des capacités de production dans l'industrie a gagné 7 points sur la période, pour atteindre 70 %, contre 63 % en mai. Un niveau encore inférieur à celui d'avant crise, où ce taux atteignait 78 %, mais qui est néanmoins en forte progression, notamment dans l'automobile (+17 points) et dans l'habillement textile (+13 points). "Les secteurs qui ont été le plus touchés pendant la crise sont ceux où l'on ne pouvait pas faire de télétravail et en particulier celui de l'équipement lourd. Depuis quelques semaines, le télétravail devient un peu moins discriminant pour déterminer ceux qui s'en sortent le mieux", commente un membre de la Banque de France.

Les services eux, ont enregistré une progression de l'activité légèrement plus importante que dans l'industrie, mais cette progression recouvre une forte hétérogénéité. Ainsi, certains secteurs, tels que celui de la réparation automobile ont enregistré des remontées spectaculaires et sont quasiment revenus à leur niveau d'avant crise, tandis que la restauration (54 % de son niveau d'activité normale en juin) et l'hébergement (25 % de son niveau d'activité normale) souffrent encore énormément des mesures de restrictions sociales. Le secteur du travail temporaire, qui s'était lui aussi effondré pendant le confinement, a également beaucoup remonté (69 % contre 38 % en avril). Enfin dans le bâtiment, la reprise est encore plus marquée avec un niveau d'activité qui se rapproche du niveau jugé normal.

L'enquête permet aussi d'être relativement confiants dans la conjoncture des prochains mois : dans l'industrie, les entreprises ont déclaré s'attendre à une légère hausse de leur production, tandis que dans les services, la restauration et l'hébergement devraient connaître les progressions les plus fortes. "Les entreprises de ces deux secteurs anticipent une amélioration de leur activité en juillet, même si elle reste en dessous de la normale, notamment du fait de l'effondrement des vols étrangers et du tourisme", explique encore Olivier Garnier. L'activité dans le bâtiment devrait elle aussi se redresser, même si le rythme devait être légèrement plus lent.

Il faudra donc attendre l'automne pour connaître les nouveaux chiffres de la BdF pour 2020. Avec une prévision de -10 %, elle est en tout cas pour l'instant légèrement plus optimiste que le gouvernement, qui table, lui, sur une chute du PIB de 11 % et que le FMI, qui prévoit -12,5 % pour cette année.

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