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UE; Allemagne; Cognac

Macro-économie / Taux / véhicules électriques / droits de douane / Enquête / commission européenne / Chine

Macro-économie / Taux
véhicules électriques / droits de douane / Enquête / commission européenne / Chine

Les droits de douane sur les véhicules électriques chinois validés par les États membres de l’UE / Berlin a échoué à rassembler une majorité qualifiée

Une Europe divisée, mais surtout une Allemagne isolée. C’est ce qui ressort du vote des États membres de l’Union européenne de ce jour, seuls quatre autres pays ont voté contre la proposition de la Commission européenne d’appliquer des droits de douane sur les véhicules électriques chinois. La prochaine étape devrait être la publication d’un texte au Journal officiel et ce au plus tard le 30 octobre 2024.
BYD. Photo by Costfoto/NurPhoto) (Photo by CFOTO / NurPhoto / NurPhoto via AFP
BYD. Photo by Costfoto/NurPhoto) (Photo by CFOTO / NurPhoto / NurPhoto via AFP

"Nous voulons […] une Union européenne et une Chine ouvertes au monde, au-delà des réalités géopolitiques et géoéconomiques". Les déclarations récentes du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez n’ont pas empêché l’Allemagne de se trouver bien seule au moment de voter contre la proposition de la Commission européenne de taxer les véhicules électriques chinois, dans le cadre de son enquête antisubventions. Les informations de l’AFP font état que seuls les représentants de la Hongrie, la Slovaquie, la Slovénie et Malte ont aussi voté contre l’instauration de droits compensateurs définitifs, loin de la majorité qualifiée requise.

 

Marge de manœuvre

 

Tout n’est pas pour autant entériné, d’une part puisque la Commission européenne précise qu’un "règlement d’exécution de la Commission comprenant les conclusions définitives de l’enquête doit être publié au Journal officiel au plus tard le 30 octobre 2024 ". Également puisqu’au-delà de ce point, l’institution rappelle qu’elle reste ouverte à la discussion et que "l’UE et la Chine continuent de travailler d’arrache-pied à la recherche d’une solution alternative qui devrait être pleinement compatible avec les règles de l’OMC, permettre de remédier au subventionnement préjudiciable établi par l’enquête de la Commission, être contrôlable et applicable".

Néanmoins, il s’agit bel et bien d’une avancée dans l’enquête antisubventions lancée il y a de longs mois. Les importations de véhicules électriques à batterie (BEV) en provenance de Chine étant loin d’être anodines, Kevin Thozet, membre du comité d’investissement de Carmignac, parle quant à lui de la " problématique colossale du manque de compétitivité du véhicule électrique européen". Il note également qu’aujourd’hui, "un véhicule électrique sur quatre vendus en Europe est fabriqué en Chine", or dans le même temps il s’avère que "les constructeurs historiques européens ont besoin de temps pour augmenter leur production et relever les défis de taille auxquels ils sont confrontés".

 

Entre concession et dommage

 

Les effets de mesures protectionnistes européennes seraient cependant loin d’être inexistants, au vu des mesures de rétorsion probable qu’imposerait la Chine. Christian Lindner, le ministre allemand des Finances, vient d’ailleurs d’appeler à tout faire pour éviter une "guerre commerciale" avec l’Empire du Milieu. Il n’échappe en effet à personne qu’avec entre 30 % à 40 % des exportations automobiles allemandes à destination de la Chine, c’est tout un secteur qui pourrait boire la tasse outre-Rhin. Kevin Thozet ne s’inquiète quant à lui ni pour la France ni pour l’Italie et évoque notamment le fait que "Stellantis a vendu moins de 70 000 voitures en Chine ".

La solution négociée qu’appelle de ses vœux l’officiel allemand comporte néanmoins un écueil majeur pour le membre du comité d’investissement de Carmignac ; celui d’aboutir in fine à "une demi-mesure [qui] ne résoudra pas le problème de la compétitivité du secteur automobile européen". Une issue loin d’être inimaginable selon lui, puisqu’il évoque le fait que bien souvent par le passé la réponse européenne était trop faible et trop tardive. Sur le plan hexagonal, c’est la filière du cognac qui redoute les conséquences de ce vote, son Bureau national interprofessionnel estime que ses "demandes de report du vote et de solution négociée ont été ignorées. Les autorités françaises nous ont abandonnés. Nous ne comprenons pas pourquoi notre filière est ainsi sacrifiée". C’est tout un secteur qui redoute d’être une des cibles privilégiées des mesures de rétorsion de Pékin.

 

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