Macro-économie / Taux / BCE / Enquête / covid-19
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Ce que la pandémie va changer selon 72 groupes européens
Depuis le début de la pandémie de la Covid-19, chacun y va de son petit commentaire concernant les effets à long terme que le terrible épisode que nous connaissons aura sur l’économie mondiale. Eduardo Maqui et Richard Morris, économistes à la Banque centrale européenne, se sont intéressés à cette problématique et ont interrogé 72 entreprises européennes non financières de premier plan. Tout d’abord, elles ont été invitées à donner jusqu’à trois canaux à travers lesquels la pandémie aurait un impact à long terme sur leur activité, par exemple en ce qui concerne leur organisation. Sans surprise, il en ressort que le télétravail et l'accélération de la numérisation ont été les effets à long terme de la pandémie les plus fréquemment cités.
Concrètement, plus de 40 % des répondants ont cité l'utilisation accrue du télétravail, tandis que presque autant ont déclaré que la pandémie avait conduit leur entreprise à accélérer l'adoption des technologies numériques, ce qui changera leur mode de fonctionnement à long terme. D’autre part, environ 20 % des entreprises interrogées ont cité une réduction des voyages d'affaires ou une augmentation des réunions virtuelles. Par ailleurs, les entreprises semblent corroborer la thèse selon laquelle les modes de consommation vont être affectés de manière durable par la pandémie. En effet, près de 30 % des entreprises interrogées ont cité la réduction de la demande pour leurs produits ou services tandis que plus de 20 % ont signalé des changements durables dans la structure de la demande.
Ensuite, les deux économistes de la BCE ont confronté les entreprises à plusieurs affirmations et elles ont dû estimer si elles étaient ou non en accord avec ces dernières. Ainsi 75 % d’entre elles sont d’accord avec l’affirmation selon laquelle, "ce que vous avez appris pendant la pandémie conduira votre entreprise à être plus efficace et les changements que vous avez effectués la rendront plus résistante". À l’inverse, environ 60 % des entreprises ne sont pas d'accord avec l'affirmation selon laquelle le travail à distance réduit la productivité.
Enfin, et alors que le débat fait rage entre économistes, les entreprises se sont prononcées sur la dynamique future des agrégats macroéconomiques. 60 % ont déclaré que la productivité de leur entreprise ou de leur secteur augmenterait, tandis que quasiment aucune ne prévoit que la productivité va diminuer. Mauvaise nouvelle, 55 % anticipent un impact négatif à long terme sur l'emploi et seulement une sur dix anticipe des retombées positives.
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