WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
président eurogroupe

Macro-économie / Taux / Zone euro / europe

Macro-économie / Taux
Zone euro / europe

Le président de l’Eurogroupe viendra-t-il des cigales ou des fourmis ?

Les ministres de l’économie de l’eurozone se réunissent jeudi soir pour élire le nouveau président. Nadia Calvino, ministre espagnole de l’Economie, a reçu le soutien d’Angela Merkel et avance comme favorite. 
Euro - logo
Euro - logo

L’Eurogroupe, qui regroupe l’ensemble des ministres de l’Economie des pays utilisant la monnaie unique, est à un tournant. Après ce que certains ont appelé "le moment Hamiltonien" et l’émission de la première dette commune aux 27 pays membres de l’Union européenne, c’est désormais vers une Europe des paiements que l’on se dirige. Parmi tous les membres de l’Union, les pays utilisant euro forment une entité liée par une monnaie qui nécessite des critères de convergence pour son bon fonctionnement. Déjà mis à mal avant la crise par l’hétérogénéité des pays, la crise économique, conséquence de la pandémie de Covid-19, a renforcé les différences et priorités. 

Dans ce contexte la stabilité du pouvoir n’est pas de trop. C’est perdu : Mario Centeno a annoncé début juin démissionner du gouvernement portugais, dont il était ministre de l’Economie et des Finances, et du poste de président de l’Eurogroupe. Ce dernier était en froid avec son Premier ministre concernant une affaire de prêt de 850 millions d’euros destinés à renflouer Novo Banco, prêt que le chef de gouvernement voulait conditionner à un audit alors que Mario Centeno avait déjà lancé l’opération. Ses jours semblaient donc comptés, d’autant plus qu’on lui attribue des ambitions au sujet du poste de gouverneur de la Banque du Portugal. 

Aussi, l’eurogroupe doit se trouver un nouveau président. Elu à la majorité simple pour un mandat de deux ans et demi, il a pour mission officiel de présider les réunions, d’élaborer le programme de travail, présenter les résultats, informer le parlement des priorités et représenter le groupe. De manière plus officieuse, il joue un rôle central dans la formation de consensus et les compromis entre pays. Or, comme le rappellent les tensions entre frugaux et pays du Sud, les consensus ne sont pas choses simples.

Trois candidats sont en lice pour reprendre le flambeau. Pascal Donohoe, un libéral-conservateur irlandais de 45 ans qui se construit une image d’homme du consensus dépassant le clivage Nord-Sud. Face à lui, Pierre Gramegna, libéral luxembourgeois de 62 ans et ex-diplomate qui avait échoué contre Mario Centeno il y a deux ans et demi. Enfin, la ministre de l’Economie espagnole, Nadia Calvino, âgée de 51 ans, est favorite pour prendre la succession de Mario Centeno. Elle débute comme haut fonctionnaire dans son pays, fait un passage à la commission européenne avant de devenir ministre en 2018. Elle semble d’ailleurs avoir été adoubée par l’Allemagne puisqu’Angela Merkel déclarait dans un entretien au Monde récemment "ce n’est un secret pour personne que Nadia Calvino est une candidate qui bénéficie également d’un soutien au sein du gouvernement allemand ". Et la chancelière allemande de rajouter "je me réjouis toujours par ailleurs lorsque des femmes se voient confier des postes politiques de premier plan". Seule femme membre de l’eurogroupe, l’espagnole pourrait bien aussi devenir la première femme à le diriger. Réponse ce soir. 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article