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La pression monte entre la Chine et les États-Unis

Macro-économie / Taux / Etats-Unis / Chine / guerre sino-américaine

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Etats-Unis / Chine / guerre sino-américaine

La pression monte entre la Chine et les États-Unis

La Chine a ordonné vendredi la fermeture d’un consulat américain à Chengdu alors que Washington avait donné mardi 72 heures aux diplomates du consulat de Chine à Houston pour quitter les lieux. Les marchés n’en sortent pas indemnes.  
Pékin - Chine
Pékin - Chine

On en oublierait presque l’implication du pangolin dans la pandémie mondiale de coronavirus. Du moins, Donald Trump en est persuadé : l’animal est innocent, la Chine est coupable. Si les relations étaient déjà tendues, la Covid-19 marque le début d’une escalade sans précédent entre les deux puissances. Outre l’aspect sanitaire, trois autres problématiques nourrissent les tensions. D’abord, le dossier des Ouïghours, dont les révélations de persécution – qui amènent certains à parler de "génocide" - du Parti Communiste chinois dans la province du Xinjiang a suscité l’indignation outre-Atlantique. Début juin, le Président américain avait promulgué une loi prévoyant une sanction contre les dirigeants chinois impliqués. Le département américain du commerce a en outre rajouté en début de semaine 11 entreprises, soupçonnées d’être impliquées dans des violations des droits de l’homme, à sa liste noire. Cela se traduit par l’impossibilité pour les entreprises américaines de se fournir auprès de celles-ci sans avoir obtenu au préalable une autorisation de l’État fédéral.

Ensuite, moins souvent mis en avant, les revendications territoriales de Pékin en mer du sud sur fonds d’accès à des ressources naturelles participent à une véritable guerre froide économique. Mike Pompeo le souligne dans un communiqué du 13 juillet, "nous le disons clairement : les revendications de Pékin sur les ressources offshore dans la majeure partie de la mer de Chine méridionale sont totalement illégales, tout comme sa campagne d’intimidation pour les contrôler. " Enfin, la bataille pour la suprématie technologique avec l’installation de la 5G. Sans offre nationale concurrente, les États-Unis font face au géant chinois Huawei qui a été interdit au nom de la sécurité nationale. 

C’est d’ailleurs la sécurité nationale qui est au cœur du dernier incident. Le 21 juillet, Washington a ordonné la fermeture du consulat de Chine à Houston en laissant 72 heures au diplomate pour plier bagage, sur fonds d’allégation d’espionnage. Pour l’équivalent du ministre des affaires étrangères chinois, Wang Yi, "la décision des États-Unis a gravement enfreint le droit international, les normes fondamentales des relations internationales et les termes de la Convention consulaire Chine-États-Unis. Cela a dangereusement endommagé les relations sino-américaines".  Aussi Pékin a ordonné, en représailles, la fermeture du consulat américain dans la ville de Chengdu ce vendredi. Washington a jusqu’à lundi 10 heures pour s’exécuter. Cette escalade s’inscrit dans une stratégie américaine menée par son Président, en ballotage défavorable pour les prochaines élections prévues dans 100 jours. Comme le reconnaît Robert O’brien, conseiller à la sécurité nationale à la Maison Blanche, "c’est une relation adversariale. Vous allez voir une augmentation des actions en justice, nous allons publier de nouveaux règlements, nous allons durcir le front cyber… "

Et les marchés ? 

Mais cette détérioration de leur relation n’est pas sans effet sur les marchés. Pour Stephen Innes, en charge de la stratégie de marché chez AxiCorp, il s’agit d’une "escalade des tensions américano-chinoises qui pourrait avoir des conséquences extrêmement négatives sur les leaders du marché boursier, en particulier autour des géants technologiques américains ". Les conséquences ne se sont pas faites attendre. Les actions de sociétés cotées de grande qualité chinoise, les blue chips, ont effacé une semaine de gains en reculant de 4,4%. L’indice le plus large des actions Asie-Pacifique en dehors du Japon dont la bourse était fermée, l’indice MSCI, a perdu 1,8%. Du côté américain, le NASDAQ perdait 2,23% à la clôture jeudi en un jour, il devrait être encore plus impacté avec ces récentes évolutions géopolitiques. Mais les conséquences touchent l’ensemble des bourses mondiales sur fonds de fortes incertitudes. L’Euro Stoxx 500 subit par exemple une baisse de 1,3%. Enfin, le yuan, qui donne une bonne idée de l’état des relations entre les deux puissances, devrait connaître sa pire semaine depuis mai, il s’échangeait en baisse de 0,2% à 7,0235 yuans pour 1 dollar. L’incertitude devrait donc continuer à assombrir le paysage boursier et économique mondial alors même que la crise sanitaire est loin d’être terminée dans de nombreux pays. A noter toutefois que certains actifs sortent gagnant de cette situation : l’or, une des valeurs refuges la plus appréciée, atteint son plus gros gain hebdomadaire en quatre mois, avec à 14 heures un niveau de 1.892 dollars l’once. 

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