Macro-économie / Taux / Etats-Unis / Récession
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Etats-Unis / Récession
Les États-Unis retournent à l’Âge de pierre
"Cette pandémie est le plus grand choc pour l'économie américaine de mémoire humaine". Tels sont les mots prononcés hier soir par l'homme auquel on ne peut reprocher son outrance : le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell. Des propos que confirment les chiffres publiés aujourd’hui par le Département du commerce américain. Il était largement anticipé et est historique. Le recul du Produit intérieur brut (PIB) en volume des États-Unis a atteint 32,9% au deuxième trimestre – en rythme annualisé par rapport aux trois premiers mois de l’année. En glissement trimestriel simple, cela équivaut à une chute de 9,5%, soit une déconfiture comparable à celle qu’a connue l’Allemagne au deuxième trimestre. Si bien qu’en atteignant 17.205,822 milliards de dollars, le PIB américain revient au niveau qui était le sien six ans plus tôt, lors du dernier trimestre 2014. C’est évidemment encore pire pour le PIB par habitant, qui lui, fait un bond de 7 ans dans le passé, au deuxième trimestre 2013.
Sans surprise, cette contraction trouve son origine dans le confinement. Si l’investissement privé remporte la palme de la plus forte baisse parmi les agrégats du PIB en diminuant de moitié en rythme annualisé (-49%), c’est l’effondrement de la consommation des ménages lié aux mesures de restriction qui tient la plus grande responsabilité dans cette bérézina. En effet, la division par deux (-49,4%) de la seule consommation de services des ménages explique près de 80% (78,8%) de la baisse du PIB. Les dépenses de santé de loisirs, de transport, de restauration et d'hébergement ont connu des contractions comprises entre 62,7% et 93,5% en rythme annualisé.
Se pose maintenant la question du rebond économique pour les États-Unis - le PIB se trouve désormais 10,63% en dessous du dernier trimestre 2019. Alors que le nombre de nouveaux cas poursuit une dynamique inquiétante, les indicateurs conjoncturels envoient le signal d’une stagnation de la reprise. L’indicateur le plus probant et dramatique est celui des nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage. En effet, alors qu’elles affichaient une décrue continue depuis leur pic à 6,867 millions de la fin mars, elles ont quasiment cessé de décroître en juin pour afficher une légère hausse depuis la mi-juillet – elles se situaient à 1,434 million lors de la semaine se terminant le 25 juillet soit un niveau deux fois plus élevé que celui atteint lors du plus fort de la crise financière mondiale.
Selon les dernières prévisions de Goldman Sachs, le PIB américain devrait connaître une augmentation de 25% au troisième trimestre et de 8% au quatrième trimestre. La décrue sur l'année s'élèverait à 4,6% selon la firme américaine tandis que la Fed anticipe un recul de 6,5% (c'est sa prévision médiane). Par ailleurs, la banque américaine estime que le PIB se trouvera 2% au-dessus de son niveau d'avant-crise à la fin 2021, tandis que le FMI est plus pessimiste et s'attend à ce qu'il soit 2,5% en dessous.
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