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Royaume-Uni / Services / PIB / coronavirus
Les services compliquent la reprise britannique
Le mois d’avril est loin. À l’époque, le Royaume-Uni avait vu son Produit intérieur brut (PIB) en volume dégringoler de 25,6 % par rapport à son niveau d’avant-crise – en février. À la suite de cela, le PIB a augmenté – en glissement mensuel – de 2,4 % en mai, 8,6 % en juin puis 6,6 % en juillet. Ainsi, au total, l’économie britannique a crû de 18,6 % depuis son creux et elle a retrouvé 88,2 % de son niveau d’avant-crise en juillet. "Même si elle est bien sur le chemin de la reprise, l'économie britannique doit encore récupérer la moitié du PIB perdu depuis le début de la pandémie", résume Darren Morgan, statisticien au Bureau national des statistiques (ONS).
Représentant 80% de l’économie du Royaume-Uni, c’est le secteur des services qui rend cette reprise particulièrement ardue. En effet, malgré sa progression de 7,7 % en juin et de 6,1 % en juillet, le secteur des services demeure 12,6 % en dessous de son niveau de février. Certaines de ses composantes particulièrement mises à mal par les mesures de restriction, comme l’hébergement restauration, évoluent à… 40 % de leur niveau de février (contre 9,3 % en avril), même avec une croissance de 140,8 % sur un mois. Le secteur des arts, spectacles et loisirs, lui, se situe encore à 68,7 % de son niveau d’avant-crise.
Plus largement, James Smith, économiste chez ING, estime que ce rebond mécanique devrait continuer en août, pour atteindre "peut-être 3 %" et en septembre. Si bien qu’au total, "nous pensons que le troisième trimestre enregistrera une croissance d'environ 17 %", explique l’économiste. Une croissance qui fera revenir le PIB à 95 % de son niveau d'avant-crise, selon Bank of America. Robert Wood, économiste de la firme américaine, estime qu'avec un tel écart du PIB à son niveau d'avant-crise, une forte augmentation du chômage devrait se produire dès lors que cessera le régime de chômage partiel, ce qui aura des conséquences sur l'inquiétude des consommateurs.
La politique monétaire, quant à elle, ne semble pas à même de contrer cet effet compte tenu de la dynamique des taux hypothécaires, fait valoir Robert Wood. En effet, alors que la Banque d'Angleterre a baissé son taux d'intérêt directeur à 0,10% et acheté pour 242 milliards de livres d'actifs depuis le début de cette crise, les taux hypothécaires à deux ans (90 % LTV - le ménage emprunte 90 % de la valeur du bien) ont augmenté de 25 points de base depuis le mois de juin.
A plus long terme, l'économie britannique ne reviendra probablement pas aux niveaux d'avant le virus avant la fin de 2022, prévoit James Smith.
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