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Antoine Frérot / Veolia / Suez
DOCUMENT EXCLUSIF – bataille Veolia-Suez : le courrier d’Antoine Frérot aux sénateurs
C’est un courrier envoyé hier qui n’aurait pas dû sortir des murs du Palais du Luxembourg. Signé de la main du président-directeur général de Veolia Antoine Frérot, cette lettre a pour vocation "d’expliciter le projet" d’acquisition de l’essentiel de la participation de Veolia dans Suez.
"Je sais ce que nos deux groupes doivent aux collectivités territoriales françaises qui, depuis près de 170 ans, nous accordent leur confiance", explique Antoine Frérot dans cette lettre de deux pages qui, selon nos informations, a été envoyée à la quasi-totalité des sénateurs de la Chambre Haute. Pour décrire cette opération stratégique, Antoine Frérot n’hésite pas à évoquer une "opportunité de réunir nos expertises et de faire émerger les solutions nécessaires à la réussite de la transformation écologique de nos clients", et de préciser que "nous partageons avec Suez les mêmes métiers, les mêmes valeurs et la même culture."
Antoine Frérot vante un projet qui vise à "proposer les meilleures solutions, aux meilleures conditions, sans attendre (…)" en évoquant les "technologies développées" et la recherche et développement, et ajoute que "pour réaliser ce projet, nous aurons besoin des compétences des femmes et des hommes des deux groupes."
S’adressant aux sénateurs, le PDG de Veolia souhaite que les sénateurs soient "particulièrement vigilants" sur le maintien dans notre pays d’une "compétition dynamique, loyale et pérenne entre les opérateurs." Enfin, Antoine Frérot annonce aux sénateurs qu’il souhaite que l’activité "Eau de France" de Suez soit reprise par Meridiam, "entreprise française de gestion d’infrastructures (…) qui propose un projet solide pour développer cette activité." Soulignant "l’implantation réussie de Meridiam dans nos territoires", Antoine Frérot estime que Suez aura à se défaire "de certaines activités de collecte, de recyclage et de valorisation des déchets."
Enfin, Antoine Frérot met en garde contre les ingérences étrangères ; raison pour laquelle il qualifie son projet stratégique comme la "construction d’un acteur français ayant une taille critique à l’international face à la montée en puissance d’opérateurs étrangers qui ont déjà commencé à racheter des entreprises du secteur chez nos voisins." Antoine Frérot se dit "à disposition" des sénateurs, si ces derniers avaient la moindre question.
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