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Bruno Le Maire PGE PLF 2021

Macro-économie / Taux / PGE / Bruno Le Maire / PLF 2021 / taux de défaut

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PGE / Bruno Le Maire / PLF 2021 / taux de défaut

Cette ligne budgétaire passée - presque - inaperçue

Au sein du projet de loi de finances 2021, le gouvernement a prévu de consacrer 1,3 milliard d’euros aux non-remboursements des prêts garantis par l’État (PGE). Que signifie donc ce chiffre ?
Bruno Le Maire
Bruno Le Maire

Aux côtés du chômage partiel, c’est l’une des mesures phares de la riposte budgétaire gouvernementale dans cette très violente crise économique : au 18 septembre 2020, 119,6 milliards d’euros de prêts garantis par l’État (PGE) avaient été octroyés par les banques depuis le début de la mise en place de ce dispositif fin mars. Au total, ce sont 581.187 entreprises qui ont pu profiter des PGE. 

Évidemment, au regard du contexte macroéconomique, nombre d’entreprises seront dans l’incapacité de rembourser leur prêt et l’État devra alors mettre la main à la poche (dans une fourchette allant de 70% à 90% du montant du prêt) et les banques prendre leur perte. C’est pourquoi, "les dépenses budgétaires liées à l’exercice des garanties accordées sont estimées à 1,3 milliard d'euros en 2021", peut-on lire au sein du projet de loi de finances 2021. Or, d’après nos informations, Bercy aurait pour objectif que 140 milliards d’euros de PGE soient octroyés sur l’ensemble de l’année 2020, soit 46,7% de l’enveloppe prévue initialement. Pour autant, est-il possible d’affirmer que le taux de défaut sera "seulement" de 0,93% ? En fait, c’est plus subtil que cela.

Si les remboursements sont possibles dès l’année prochaine, les entreprises en difficulté pourront choisir d’étaler leur remboursement sur plusieurs années. Le 25 août dernier, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, avait prévenu que "beaucoup ne seront pas en mesure de rembourser leur PGE au bout d'un an, en mars ou avril 2021, et demanderont donc à étendre la durée de remboursement". Si le prêt est remboursé avant 2023, le taux d’intérêt facturé par les banques prêteuses sera compris entre 1 % et 1,5 % et entre 2 % et 2,5 % si le prêt est remboursé avant 2026 - au grand dam de la Fédération bancaire française qui espérait de meilleures rémunérations -, alors qu’il était compris entre 0,25% et 0,5% pour la première année. Reste que, certaines entreprises seront tout de même dans l’incapacité de rembourser dès 2021, ce, même en étalant le remboursement. De ce fait, "le 1,3 milliard d’euros correspond donc à la prise en charge des appels en garantie pour les entreprises qui feront défaut la première année, mais au total la sinistralité sera supérieure sur la durée totale des prêts", nous précise-t-on à Bercy.

Les défauts qui auront lieu dès 2021 seront évidemment tributaires de la vigueur du rebond de l’économie française. Le gouvernement escompte une augmentation de 8% du Produit intérieur brut en volume l’année prochaine, soit un gain de 167,3 milliards d’euros, après que 232,4 milliards d’euros devraient s'être envolés en 2020 - dans l'hypothèse d'une chute du PIB de 10% comme l'anticipe le gouvernement.

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