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Macro-économie / Taux / Bourse / Londres / Brexit

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Bourse / Londres / Brexit

La Bourse de Londres pourrait interdire certaines IPO

Downing Street a lancé une consultation visant à interdire à certaines sociétés jugées suspectes de s'introduire à la Bourse de Londres, au nom de la sécurité nationale.
LSE - London Stock Exchange
LSE - London Stock Exchange

La Bourse de Londres, autrefois considérée comme le Graal pour les entreprises désireuses de s'introduire sur une bourse européenne, pourrait-elle progressivement perdre de son aura,  en raison de règles trop contraignantes ? Le chancelier de l'échiquier britannique vient de lancer une consultation visant à encadrer davantage le processus d'IPO à la LSE, afin d'éviter que certaines sociétés jugées suspectes ne s'introduisent en bourse. Une consultation menée à la suite de la requête de certains parlementaires britanniques, qui avaient estimé que la FCA ne pouvait être l'unique décisionnaire lors d'introductions en Bourse. En vertu de la législation britannique actuelle, il appartient à la Financial Conduct Authority, l'autorité de régulation britannique, de décider si une société ou des administrateurs individuels remplissent les critères d'admission à la bourse. Ces questions relèvent de la responsabilité de la UK Listing Authority, qui fait partie de la FCA.

Or, il y a un peu plus de trois ans, la FCA n'avait rien pu faire pour empêcher l'IPO d'EN+, une entreprise énergétique très liée à l'oligarque russe Oleg Deripaska et à l'époque menacée de sanctions par les États-Unis en raison de ses liens avec le président Vladimir Poutine.

Il y a un an, la commission des affaires étrangères du Parlement britannique avait donc plaidé pour que le rôle restreint de la FCA en cas d'IPO soit combiné à une évaluation beaucoup plus large des considérations de sécurité nationale. "Nous demandons au gouvernement d'examiner le rôle que le Conseil national de sécurité et son secrétariat devraient jouer dans l'utilisation de ce pouvoir", avaient conclu les députés dans un rapport sur le sujet, faisant référence à l'organe qui réunit les ministres de haut rang, les chefs des services de renseignement et les fonctionnaires. À l’époque, Tom Tugendhat, président de la commission des affaires étrangères, avait déclaré que le FCA pourrait bénéficier d'un accès au réseau des ambassades du ministère des affaires étrangères lors de l'examen des demandes d'inscription en bourse de sociétés étrangères. Une facçon pour le régulateur d'affiner ses critères de sélection et d'acceptation des dossiers.

Selon le Times, le ministre des Finances Rishi Sunak aurait donc décidé de passer la vitesse supérieure dans l'encadrement beaucoup plus strict des IPO. Cette décision intervient dans un contexte de défense des intérêts économiques du pays accru, et à quelques semaines de la sortie du pays de l'UE. En juin dernier, le Parlement a présenté un projet de loi visant à renforcer le contrôle de l'État dans les investissements étrangers et potentiellement de bloquer leur prise de contrôle au sein d'une entreprise britannique jugée stratégique. En mai 2018 déjà, Theresa May avait mis à l'étude un projet de loi prévoyant que les entreprises déclarent, sur une base volontaire, les problèmes qui pourraient se poser en termes de sécurité nationale en cas de prise de participation d'un investisseur étranger de 25% ou plus de leur capital. Dans le contexte de la Covid, le Premier ministre britannique a souhaité renforcer la protection des entreprises considérées comme stratégiques, en retirant toute indication de seuil de participation et en obligeant toutes les entreprises à remplir une déclaration sur la prise de participation étrangère. Autre exemple de cette tendance sécuritaire britannique, l'interdiction de recourir à des fournisseurs chinois pour déployer des équipements 5G au sein d'installations jugées sensibles, tels que des sites nucléaires et des bases militaires.

C'est donc au nom de la sécurité nationale et afin de défendre la réputation de la Bourse de Londres que le législateur envisage de prohiber certaines IPO. Mais en légiférant de la sorte, le législateur risque surtout de détourner les entreprises étrangères désireuses de s'introduire sur à la Bourse de Londres. Si l'État s'immisce dans le processus décisionnel d'introduction d'une société, les candidates risquent de frapper à la porte d'une autre bourse européenne, où le seul régulateur boursier est chargé de donner son agrément.

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