WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
« La crise que nous vivons n’est pas une crise financière »

Professions financières / Banque-assurance / acpr / coronavirus

Professions financières
Banque-assurance / acpr / coronavirus

« La crise que nous vivons n’est pas une crise financière »

Pour Dominique Laboureix, secrétaire général de l’ACPR, les banques et les assureurs français résistent bien à la crise. Mais des problèmes conjoncturels et structurels s’amoncellent sur leur chemin. 
ACPR
ACPR

Si on a d’abord cru utile de comparer la crise économique liée aux conséquences de la pandémie à celle de 2008, il s’est très vite avéré que c’était une erreur. Comme le souligne Dominique Laboureix lors de la présentation des chiffres du marché français de la banque et de l’assurance 2019, "la crise que nous vivons n’est pas une crise financière". Laurent Clerc, directeur de la direction d’étude et d’analyse des risques (DEAR), confirme pour ces deux secteurs financiers dans l'Hexagone : "nous notons la très forte résistance opérationnelle des deux secteurs dans la criseOn observe ainsi un impact relativement modéré sur le revenu des banques/assurances et leur rentabilité". Du côté des banques, le produit net bancaire est passé de 74 milliards d’euros au premier semestre 2019 à 70,9 milliards d’euros au premier semestre 2020. Précisément, seule l’activité banque de financement a augmenté, de 300 millions d’euros, alors que toutes les autres lignes de métiers ont baissé, en particulier la banque de détail en France qui perd 900 millions d’euros. Du côté de l’assurance, "on observe une diminution avec le confinement, puis un retour à des niveaux normaux. Nous ne sommes pas dans une situation de crise de confiance" résume Laurent Clerc. Un mouvement de décollecte s’observe ainsi dans l’assurance-vie, alors que les primes acquises par lignes de métiers non-vie au deuxième trimestre 2020 sont même en hausse de 0,5% par rapport au deuxième trimestre 2019, à 55,4 milliards d’euros.

Des incertitudes planent toutefois sur le secteur financier. D’abord, le comportement d’épargne des ménages. Laurent Clerc le résume simplement quand il parle de l’assurance : "on est vraiment dans une période d’attentisme pour les ménages ". La hausse des dépôts a été importante durant le confinement, mais les choses sont revenues à la normale depuis. "La question c’est de savoir ce qui va être fait de ce surplus", s'interroge-t-il. Et si cela concerne aussi les banques, c’est plutôt la solidité des entreprises à court terme qui doit les inquiéter. Certes, le coût du risque a déjà augmenté de 5,9 milliards d’euros avec l’augmentation des provisions sur les prêts classés en catégories IFRS9 1 et 2 sous l’effet du choc macroéconomique. Mais l’évolution des prêts non performants (c’est-à-dire les créances douteuses et contentieuses), en hausse de 34% dans le secteur des Transports et entreposage de 37% dans les industries extractives ou encore 33% dans l’enseignement, conditionne la bonne santé financière des banques à celle des entreprises. Pas évident alors que des rumeurs de reconfinement se propagent.  Mais, en plus des problèmes conjoncturels, des inquiétudes structurelles planent sur le paysage financier français. La faiblesse des taux, qui s’installe dans le long terme, met à mal la rentabilité des banques. Pour les assurances, "le modèle est fondé sur l’importance des fonds euros, qui constituent 80% de leurs placements. Or, on observe depuis la fin de l’année dernière un mouvement de forte décollecte dans ces fonds liés aux comportements d’offre des assureurs " prévient Laurent Clerc. 

Finalement, notamment dans le secteur bancaire, la meilleure défense sera peut-être la consolidation à travers des fusions. Ce à quoi Dominique Laboureix semble être ouvert : "nous sommes favorables à des fusions transfrontalières. Nous avons besoin de groupes véritablement européens". Avant de s’avancer aussi loin, l’ACPR souligne le débat essentiel qui nous attend : quelle est la stratégie pour sortir de toutes les mesures prises durant la crise ?

 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article