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Il ne fait pas bon être actionnaire du CAC 40

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CAC 40 / coronavirus / dividendes

Il ne fait pas bon être actionnaire du CAC 40

Le rendement médian du dividende des sociétés du CAC 40 ressort à 1,3 % en 2019, un plus bas historique depuis le début de la publication annuelle d’EY sur le profil financier de l'indice parisien.
Euronext - salle marché - CAC 40 - Bourse - indices - IPO
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Les entreprises du CAC 40 aussi ont souffert des conséquences économiques de la Covid-19. Pour s’en rendre compte, le cabinet d’audit financier et de conseil EY a décidé de repousser d’un semestre la publication de son étude "profil financier du CAC 40", permettant une comparaison avec l’année passée. Et cette comparaison est instructive. Ainsi, les 40 plus grandes cotations de la place de Paris ont perdu 19 % d’activité en moyenne au premier semestre 2020 (560 milliards d’euros). Ce qui est une rupture par rapport aux 4 années consécutives d’augmentation d’activité qu’elles avaient connues jusqu’ici. Surtout, leur marge s’est largement contractée lors des six derniers mois, le résultat opérationnel moyen par rapport au premier semestre 2019 perdant 40 %. La marge opérationnelle est passée de 7,9 % au premier semestre 2019 à 6,4 % un an plus tard. En 2019, les résultats nets cumulés, qualifiés de "satisfaisants" par le cabinet, ont atteint 82 milliards d’euros. Ils sont tout simplement nuls au S1 2020.

Et cela n’est pas sans conséquences pour les actionnaires. Des 54 milliards d’euros de dividendes cumulés initialement prévus au titre de l’exercice 2019, les actionnaires ne devraient finalement n’en percevoir que 30 milliards d’euros. "Dès lors, et même en considérant la baisse de la valorisation boursière, le rendement moyen du dividende chute à un niveau inédit depuis la création de notre profil en 2006 ", souligne EY. Le rendement médian du dividende du CAC 40, de 3 % sur la période 2006-2018, baissait déjà en 2019 pour s’établir à 2,7 %, mais s’effondre au premier semestre 2020 pour atteindre 1,3 %.

Le CAC fait de la résistance

Malgré ces chiffres qui peuvent être inquiétants, EY se veut rassurant quant à la santé de l’indice dans cette période très compliquée. Certes, l’endettement net des sociétés le composant a augmenté de 22 % au premier semestre 2020 (hors banques, assurances et foncières) par rapport à la clôture de 2019 (+ 242 milliards d’euros). Mais "deux effets viennent limiter l’importance de cette hausse : la moitié des sociétés a choisi d’intégrer les dettes de loyers IFRS 16 dans les dettes nettes, ce qui représente 30 milliards d’euros en 2019 et au S1-2020" et "un effet de saisonnalité semestriel", puisque "la dette nette à la fin du premier semestre 2019 était de 229 milliards d’euros, soit supérieure à celle du 31 décembre 2019". Et si l’investissement brut dans l’outil de production diminue de 14 % sur un an au premier semestre 2020, EY suggère que "les entreprises disposent toutefois de liquidités accrues pour faire face à l’incertitude et saisir les opportunités de consolidation qui se présentent ".

Surtout, l’indice diminue à première vue (il clôturait 2019 à 5 978 points et le premier semestre 2020 à 4 936 points), mais une étude plus poussée démontre plutôt une bonne santé. D’abord, l’indice CAC 40 GR, qui prend en plus les en compte les dividendes réinvestis en actions, explose de 9 599 points avant la crise à 13 611 points après. Ensuite, 79 % de la capitalisation boursière totale du CAC 40 représente du capital immatériel, soit "les marques, les technologies et les clients qui font la renommée de nos entreprises tricolores" : "ils sont autant d’avantages compétitifs permettant d’assurer une rentabilité satisfaisante à l’avenir".

 

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