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Fnac-Darty / ventes au détail / coronavirus
Fnac-Darty se relève nettement
Comme tous les distributeurs, Fnac-Darty a souffert des conséquences de la pandémie mondiale, notamment du confinement. Mais le troisième trimestre a de quoi redonner du baume au cœur. Sur la période, le chiffre d’affaires du distributeur spécialisé a augmenté de 7,3 % en données comparables pour s’établir à 1 859 millions d’euros. Ce chiffre est largement supérieur au consensus communiqué par le groupe lors des semestriels, qui anticipait alors une baisse de 20 % des ventes, et très légèrement supérieur aux dernières attentes estimées par Factset à 1,8 milliard d’euros.
Pour Jean-Brieux Le Tinier, directeur financier, "le mois de juillet a été légèrement pénalisé par le décalage des soldes. Mais les mois d’août et septembre ont été bons avec la préparation des rentrées scolaires et professionnelles ". Le directeur général, Enrique Martinez de confirmer "la poussée très forte des catégories de produits multimédia pour le télétravail, de l'équipement de la maison et de tout ce qui nous permet davantage de confort à la maison ". Et tout cela permet de limiter la perte de chiffre d’affaires liée à la crise à moins de 100 millions d’euros à fin septembre
Une première différence doit être établie dans ces chiffres en fonction de la géographie. Car le directeur général le reconnaît, il existe "une disparité de performance entre les régions Nord et Sud du groupe ". Alors que la France et la Suisse ont porté le groupe avec des ventes en hausse de 9 % en données comparables – suivies de peu par la Belgique et le Luxembourg en hausse de 6,6 % - la péninsule ibérique tire vers le bas les résultats avec une diminution de 6,1 %. C’est notamment la plus grande présence de boutiques en centre-ville alors que les restrictions administratives ont tendance à être plus fortes dans cette région qui explique cet écart. Une seconde différence est aussi visible : la place des ventes en lignes et du "Click and Collect". Surtout, les ventes en lignes ont porté le groupe sur cette période, avec une hausse de 30 %. Et la péninsule ibérique est moins performante dans ce domaine.
De manière plus générale, c’est la distribution omnicanale qui a été très bénéfique pour Fnac-Darty, comme l’explique Florent Thy-Tine, co-responsable de la recherche de marché chez Midcap Partners "la pandémie aura favorisé les acteurs omnicanaux. On le voit avec la Fnac et Maisons du Monde, tous ces acteurs ont plutôt mieux géré ou plus profité de la crise que les pures players. Pour la Fnac, le Click and Collect est un vrai atout car il permet de livrer gratuitement au consommateur a contrario des concurrents comme Amazon."
Une marge un peu décevante, un T4 qui s'annonce en croissance
L’analyste souligne toutefois que "la seule déception de la publication est la marge brute". Après une baisse de 110 points de base à 29,6 % au premier semestre, elle subit au troisième trimestre une baisse de 50 points de base sur un an. 35 points de base de cette baisse s’expliquent par la forte baisse des ventes de la billetterie. Normalement très en souffrance au vu de la situation sanitaire, il est en fait normal que ce secteur joue beaucoup. Comme l’explique le directeur financier "on comptabilise la marge des ventes de billets et non pas la valeur faciale. Aussi l’impact sur la marge est de facto très élevé mais pas l’impact sur les ventes". 15 points de base s’expliquent quant à eux par "un effet dilutif lié à la solide performance des franchisés " explique le communiqué du groupe.
Ce qui peut apparaître inquiétant puisque Fnac-Darty annonce l’ouverture de 5 franchisés au cours du troisième trimestre dans l'hexagone. Mais Florent Thy-tine se veut rassurant : "ce n’est pas très grave car ils se rattrapent sur la marge opérationnelle. Certes les franchisés achètent à la FNAC à un niveau de marge brut plus bas, mais au final le groupe a moins de coûts de type marketing ou personnel donc la marge opérationnelle est plus importante ".
Finalement, pour lui, sauf reconfinement, "on voit peu de raisons pour que le T4 ne soit pas en croissance". "Déjà, fin octobre, la consommation n’a pas l’air de ralentir et on peut penser que les consommateurs auront envie de dépenser ce qu’ils n’ont pas dépensé, durant les fêtes de fin d’année. C’est un trimestre important avec le black Friday et Noël" poursuit l’analyste. Le groupe ne s’y trompe d’ailleurs pas : "Fnac Darty demeure confiant dans sa capacité de résistance et la qualité de sa performance opérationnelle pour réussir les grands rendez-vous commerciaux de fin d’année". Le secteur du gaming par exemple, relativement stable sur un an, devrait profiter des nouveautés attendues au mois de novembre. Sur le plan financier, le groupe est entré en négociations exclusives avec Mirage Retail Group en vue de la cession de BCC aux Pays-Bas, laissant entrevoir une rentrée de cash dans les prochains trimestres.
Florent Thy-tine prévoit donc que "le marché devrait bien réagir" et le consensus de "revoir ses estimations". Et même la décision le plus redoutée par tous, celle du reconfinement, pourrait ne pas s’avérer si destructrice que cela, Enrique Martinez défendant que son groupe "est complétement prêt pour le faire".
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