Macro-économie / Taux / reprise / Zone euro / France / Covid / ventes au détail
Macro-économie / Taux
reprise / Zone euro / France / Covid / ventes au détail
La France mène - toujours - la reprise en zone euro
Certes, la zone euro a connu une décrue de son Produit intérieur brut en volume de 12,1% lors du deuxième trimestre, ce qui veut dire qu’il se trouve 15,3% en dessous de son niveau d’avant-crise. Néanmoins, depuis le mois de juillet, la reprise se fait jour, d’après les dernières enquêtes auprès des directeurs d’achats conduites par IHS Markit.
En effet, l'indice composite des directeurs d'achat (PMI) définitif – qui regroupe le secteur manufacturier et le secteur des services - a rebondi à 54,9 en juillet, contre 48,5 en juin. Cela faisait quatre mois qu’il se situait en dessous du niveau des 50 points séparant la croissance de la contraction. En passant de 48,3 en juin à 54,7 points, c’est le secteur des services qui explique cette reprise de l’activité économique privée – alors que le secteur manufacturier a atteint 51,4 points, contre 47,4 en juin. "L'activité des entreprises du secteur des services de la zone euro a rebondi en juillet pour croître à un taux qui n'avait pas été dépassé depuis plus de deux ans", précise ainsi Chris Williamson, économiste en chef d'IHS Markit.
L'enquête menée entre le 13 et le 28 juillet indique que la reprise de la croissance a concerné les 19 économies de la zone euro, en particulier la France et l'Allemagne. La France a enregistré une augmentation considérable de l'activité, avec la croissance la plus forte depuis 29 mois (son PMI composite atteint 57,3) quand l'Allemagne connaît une accélération de son activité privée inédite depuis 23 mois (son PMI composite se situe à 55,3).
Concernant l'Hexagone, la croissance a été portée par un retour à la croissance des nouvelles affaires au début du troisième trimestre. En revanche, malgré ce rebond, les entreprises françaises du secteur privé ont de nouveau réduit leurs effectifs en juillet, mesure prolongeant la période de recul de l’emploi amorcée en mars dernier. Notons toutefois, que les destructions d'emplois n'ont jamais été aussi faibles depuis leur pic de mars dernier. Si les services connaissent la reprise la plus soutenue, ce qui est logique compte tenu de la force avec laquelle ils ont été touchés dans cette crise comparativement au secteur manufacturier, c'est aussi au sein des services que la contraction de l’emploi a affiché le rythme le plus soutenu, explique IHS Markit.
Sur une note plus positive, les perspectives d’activité à douze mois de l’ensemble du secteur privé français ont augmenté et atteint un pic de cinq mois et l’optimisme des prestataires de services apparaît plus élevé que celui observé dans le secteur manufacturier.
"Les chiffres d'aujourd'hui confirment également notre vision d'un solide rebond initial de l'activité, à mesure que les mesures de verrouillage s'atténuent. Toutefois, le rythme de la reprise devrait s'atténuer", avance Rosie Colthorpe, économiste chez Oxford Economics. En effet, les mesures de restriction devraient continuer à peser sur l'activité du secteur services en limitant "les capacités, notamment dans des secteurs tels que l'hôtellerie", prévoit l'économiste. C'est au moins aussi inquiétant du côté des consommateurs, puisque leur prudence devrait les inciter à maintenir un niveau élevé d'épargne de précaution, alerte Rosie Colthorpe.
Une prudence qui n'a pourtant pas empêché les ventes au détail de la zone euro de retrouver leur niveau d'avant-crise, d'après Eurostat. De fait, après avoir baissé de 10,4% en mars puis atteindre leur creux en chutant de 12,1% en avril, elles ont redécollé les deux mois suivants, et ont crû en juin de 5,7%, après la hausse de 20,3% en mai. Au total, en juin, les ventes au détail des Dix-neuf se situent donc 0,18% au-dessus de leur niveau de février. Pourtant, Bert Colijn, économiste chez ING, tient à tempérer ce qui a tout de l'apparence d'une reprise en V dans ce secteur, "il n'est pas inimaginable que les ventes au détail retombent à des niveaux inférieurs au pic de juin et mettent ensuite un certain temps à revenir. Nous ne sommes donc pas sûrs qu'il s'agit d'un V tant que nous ne savons pas ce qui se passera dans les mois à venir".
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

