Entreprises / Actions / Hermès International / luxe / Résultats
Entreprises / Actions
Hermès International / luxe / Résultats
Hermès a survolé l'été
Après les chiffres relativement positifs de LVMH la semaine dernière pour le troisième trimestre, Hermès International confirme que le luxe est un secteur refuge, y compris lorsque les indicateurs du commerce de détail sont en berne. La maison familiale cotée a vu son activité se redresser fortement pendant l’été avec le déconfinement : publié ce matin, son chiffre d’affaires a progressé de 4,2% par rapport au troisième trimestre 2019, pour atteindre 1,8 milliard d’euros (la hausse atteint même 6,9% à change constant). C’est largement supérieur à ce qu’attendaient en moyenne les analystes, dont le consensus élaboré par Factset ressortait à 1,67 milliard d’euros. Et c’est également nettement mieux que son concurrent LVMH, dont les ventes ont reculé de 7%.
Hermès a donc totalement inversé la vapeur au cours de l’année marquée par la crise sanitaire, après n’avoir pu endiguer les effets du confinement au deuxième trimestre, au cours duquel son chiffre d’affaires s’était effondré de 42% – une chute conforme au secteur (-38% pour LVMH, -44% pour Kering). Au premier trimestre, il avait fait preuve d’une certaine résistance face à la quarantaine chinoise et au début de confinement en Europe : son revenu avait reculé de 6,5%, contre -10% pour LVMH et -16,4% pour Kering. En conséquence, l’activité d’Hermès n’a reculé que de 14,4% au cours des neuf premiers mois (à 4,29 milliards d’euros).
Sans surprise, la région Asie-Pacifique est responsable du redressement du troisième trimestre. Hermès a vu son chiffre d’affaires progresser de près de 25%, porté par une "performance remarquable de la Chine continentale, de la Corée, de l'Australie et de la Thaïlande", a souligné le groupe.
Ses dirigeants demeurent "prudents" concernant le dernier trimestre, à nouveau marqué par des mesures de restrictions, voire de reconfinement, en Europe. "A ce stade, on n'a finalement que deux semaines de recul en octobre, les tendances du mois d'octobre sont en ligne avec celles du troisième trimestre", a indiqué le directeur financier Eric du Halgouët, soulignant que les récentes mesures prises n'avaient pas encore produit d’effets.
Face à de tels risques, Hermès, comme d’autres, dispose d’un atout : les ventes en ligne, qui ne sont que peu affectées par le confinement et qui sont adaptées aux produits de luxe (parfums, sacs à main, etc.). Depuis le début de l'année, Hermès bénéficie d'une "croissance sans rupture et sur toutes les zones géographiques" de ce canal, "avec une croissance proche de trois chiffres dans l'ensemble" des régions, a précisé Eric du Halgouët.
Les investisseurs ont salué la publication. L’action Hermès International progressait de 1,5% peu avant midi (à 812 euros), dans un CAC 40 en baisse de 0,5% au même moment. Depuis le début de l’année, le titre affiche une hausse insolente de 21%.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

