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Macro-économie / Taux / Reprise économique française / France / PIB / 2022

Macro-économie / Taux
Reprise économique française / France / PIB / 2022

Reprise française : 2022, un mirage ?

Le gouvernement espérait que le Produit intérieur brut retrouve son niveau d'avant-crise en 2022. Or, la route est semée d'embûches, telles que le plongeon de l’économie au quatrième trimestre généré par le reconfinement et l’incertitude qui va en découler.
Montmartre - Paris - France
Montmartre - Paris - France

Ce soir, le Président de la République va annoncer de nouvelles mesures de restriction, dans le cadre de la crise sanitaire. Des rumeurs pressantes font état d’un reconfinement national d’au moins un mois, plus souple que celui que la France a connu pendant huit semaines lors du premier semestre. D’ores et déjà, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, a reconnu que le Produit intérieur brut (PIB) devrait baisser au quatrième trimestre, après un rebond attendu de 16 % entre juillet et septembre selon l’Insee – l’institut statistique dévoilera le chiffre vendredi matin.

"Si l’on prend juste en compte un couvre-feu de dix semaines, le PIB devrait décroître d’au moins 0,7 % lors du dernier trimestre", avance Denis Ferrand, directeur général de Rexecode, soit une dégringolade de 9,1 % du PIB sur 2020. Certes, ce serait mieux que ce que le gouvernement escompte (-10 %). Mais cette chute ne tient évidemment pas compte des mesures annoncées ce soir. Concrètement, le scénario du gouvernement pour 2020 serait encore valable si la baisse du PIB au quatrième trimestre ne dépassait pas 3,5 % - en supposant une croissance de 16 % au troisième trimestre.

S’il estime qu’il est trop tôt pour se prononcer sur l’impact sur le PIB des mesures de reconfinement annoncées ce soir, Denis Ferrand juge que "les effets d’apprentissage nés du premier confinement, tant au niveau des entreprises que de l’administration, devraient jouer un rôle significatif dans la capacité de l’économie française à absorber ce nouveau choc". Reste à savoir si cela sera suffisant pour ne pas compromettre l’objectif du gouvernement d’un PIB de retour à son niveau d’avant-crise d’ici 2022. Rappelons que la France a produit pour 471,3 milliards d’euros de richesse entre avril et juin 2020 contre 580,9 milliards d’euros lors du dernier trimestre 2019.

Le profil de l’évolution de l’économie en 2021 sera évidemment crucial. Et la confiance, un des éléments déterminants de la croissance, sera nécessairement affectée par la dynamique sanitaire. En effet, comment les agents économiques vont-ils réagir alors que l’incertitude vient encore de monter d’un cran avec le second reconfinement ? Ce sont deux composantes majeures de l’économie qui vont particulièrement en faire les frais. La politique de stop-and-go grâce à laquelle le gouvernement lutte contre le coronavirus va peser sur les décisions d’investissement. Un investissement qui pèse tout de même 20 % du PIB ! La consommation (53 % du PIB), elle, va encore être touchée de manière potentiellement persistante par l’épisode que nous allons connaître, en ce sens que l’épargne pourrait de nouveau exploser - essentiellement chez les ménages les plus aisés comme l’a démontré le Conseil d’analyse économique. En 2021, "l’un des points majeurs sera l’emploi, que va-t-il se passer lorsque le chômage partiel tirera sa révérence ?", s’inquiète Denis Ferrand.

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