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Macro-économie / Taux / Christine Lagarde / taux d'intérêt / 2022 / Politique monétaire

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Christine Lagarde / taux d'intérêt / 2022 / Politique monétaire

Christine Lagarde juge "très improbable" une hausse de taux d’intérêt en 2022

La présidente de la Banque centrale européenne estime peu plausible que les trois conditions que le Conseil de gouverneurs a fixées pour qu'un relèvement des taux d'intérêt directeurs survienne soient satisfaites l’an prochain.
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - THOMAS LOHNES / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - THOMAS LOHNES / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

Sera-t-elle entendue ? Alors que les marchés commencent à s’attendre à une augmentation des taux d’intérêt directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) en 2022, Christine Lagarde, présidente de la BCE, a jugé peu plausible qu’un tel évènement survienne.

Déjà questionnée à plusieurs reprises sur le sujet par les journalistes durant sa dernière conférence de presse, la grande argentière a précisé qu’il était "très improbable" que les trois conditions que le Conseil des gouverneurs a fixées pour qu’une hausse de taux d’intérêt ait lieu soient satisfaites en 2022, a-t-elle avancé à l’occasion d’un discours tenu hier à Lisbonne pour célébrer les 175 ans de la Banque du Portugal.

Ces trois conditions représentent la nouvelle forward guidance (esquisse de la trajectoire future de la politique monétaire) que l’institution de Francfort a adoptée fin juillet à la suite de sa revue stratégique.

Premièrement, la forward guidance indique que les taux de la BCE resteront à leur niveau actuel ou à un niveau inférieur jusqu'à ce que "l'inflation atteigne 2 % bien avant la fin de l'horizon de projection [‘bien avant’ signifie environ le milieu de l’horizon de projection, avait précisé Christine Lagarde, ndlr]". Deuxièmement, les 2 % d’inflation doivent être atteints "durablement sur le reste de cet horizon". Troisièmement, il est nécessaire que le Conseil des gouverneurs estime que les progrès réalisés en matière d'inflation sous-jacente soient "suffisamment avancés pour être compatibles avec une stabilisation de l'inflation à 2 % à moyen terme".

Ainsi, compte tenu des prévisions d’inflation de la Banque centrale (1,7 % en 2022 et 1,5 % en 2023, les prévisions de 2024 seront connues en décembre), il faudrait que l'institution révise très fortement son diagnostic à propos de l'inflation - notamment sur le caractère transitoire de son niveau actuel particulièrement élevé (4,1 % sur un an en octobre) - pour que ces conditions soient remplies.

Ce diagnostic est d'ailleurs partagé par les prévisionnistes professionnels que la BCE interroge tous les trimestres. Ces derniers escomptent une inflation de 2,3% en 2021, 1,9 % en 2022 et 1,7 % en 2023, a-t-on appris vendredi dernier. Cela laisse à penser que les attentes des investisseurs en matière de taux d'intérêt ne semblent pas tant être le fruit d'anticipations d'inflation qui grimperaient très violemment que d'une digestion difficile de la nouvelle forward guidance.

François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, s'est également exprimé sur la politique monétaire hier dans le cadre des Journées de l'économie à Lyon. Il a estimé que "vu d'aujourd'hui, il n'y a pas de raison pour la Banque centrale européenne de relever ses taux d'intérêt l'an prochain, en 2022".

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