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Politique économique / croissance / Banque de France / Allemagne

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coronavirus Un troisième reconfinement n'est pas impossible selon Deutsche Bank

CORONAVIRUS. Selon la banque allemande, l'économie outre-Rhin devrait se contracter de 0,5% au dernier trimestre à cause du tour de vis annoncé par Merkel hier soir. Un troisième reconfinement début 2021 n'est pas à exclure, ce qui pèsera sur les perspectives de croissance du pays.
Angela Merkel
Angela Merkel

L'Allemagne a elle aussi été contrainte d'adopter des mesures de reconfinement partiel, face à l'envolée du nombre de cas dans le pays, avec 50 000 nouvelles contaminations recensées en 24 heures. Devant la courbe "exponentielle" de ces deniers jours, "nous avons décidé de prendre des mesures pesantes pour le pays en tenant compte des conséquences politiques et économiques", a déclaré hier la chancelière Angela Merkel à l'issue d'une rencontre avec les présidents des Landers allemands. Les restaurants, bars, salles de spectacle et installations sportives seront ainsi fermés pendant un mois à partir du 2 novembre. Les rencontres privées seront également limitées à partir de lundi, à dix personnes de deux ménages maximum. Tout comme en France, les écoles et les crèches resteront en revanche ouvertes. Mais, à la différence de l'Hexagone où seuls les commerces essentiels pourront fonctionner, les boutiques outre-Rhin resteront ouvertes, à condition d'assurer 10 mètres carrés par client. "En fin de compte, ces annonces conduisent à un confinement quasi similaire à celui que nous avons vu en mars/avril", déplorent les équipes de Deutsche Bank dans une note consacrée aux nouvelles mesures. "La grande différence est que les écoles, les crèches, le secteur du commerce de détail, les coiffeurs et les médecins thérapeutes resteront ouverts", résument-ils.

Selon les économistes de la banque allemande, les nouvelles mesures de confinement devraient entraîner une baisse du PIB d'au moins 0,5 % entre octobre et fin décembre par rapport au trimestre précédent. "Une fois encore les secteurs de l'hôtellerie et les institutions culturelles seront les plus touchés", notent les économistes."En outre, les nouvelles annonces ont mis en exergue la gravité de la situation sanitaire et devraient donc intensifier le comportement de précaution des ménages". Enfin l'augmentation du taux d'infection en Europe et aux États-Unis risque de freiner la demande d'exportations de biens allemands, estime Deutsche Bank.

Les mesures dévoilées par la chancelière ne remettent toutefois pas en cause leurs prévisions de croissance annuelles pour le pays : "une contraction de -0,5 % par rapport au quatrième trimestre serait toujours compatible avec une baisse du PIB de -5,6 % sur l'année, à condition que le chiffre du troisième trimestre soit légèrement revu à la hausse (6%), comme nous l'anticipons". Deutsche Bank envisage en revanche de revoir à la baisse ses chiffres de croissance pour l'an prochain, en raison de l'effet de base lié aux annonces de la chancelière et alors qu'un troisième reconfinement l'an prochain n'est pas impossible. "Il n'est pas exclu que nous subissions un autre 'lockdown' ou un confinement qui se prolonge dans les premiers mois de 2021. Nous voyons des risques de baisse de notre estimation actuelle du PIB pour 2021 à la lumière des derniers développements", expliquent les économistes. Qui anticipent pour l'instant une croissance de 4,5% en 2021, puis de 2,8% l'année suivante.

Quid de la France ? Dans l'Hexagone, l'impact chiffré de ce second confinement, sur l'économie n'a pas encore été établi. Mais le consensus des économistes avait déjà évalué que le simple couvre-feu pèserait entre 1% et 2% sur la croissance de l'Hexagone au dernier trimestre. La fermeture complète des hôtels, restaurants et commerces non essentiels, ainsi que la limitation maximale des contacts physiques pour une durée d'un mois au moins sera donc hélas, nettement supérieure à 1% pour le PIB français du quatrième trimestre. "La France a déjà, lors du confinement du printemps, appliqué un confinement beaucoup plus dur et strict que dans la plupart des pays de l'Union. Nous sommes déjà à 10 points de perte de richesse nationale alors que les Allemands qui ont moins confiné que nous, qui n'ont pas arrêté leurs chaînes de production, qui ont permis aux secteurs dits 'non essentiels' de tourner, vont être à -5,8% de PIB. Dans la zone euro la moyenne est de -7,9%", expliquait ce matin Agnès Verdier-Molinié, de l'IFRAP, dans une interview au Figaro. 

Selon les dernières projections de la Banque de France publiées fin septembre, le PIB devait se contracter de 8,7% cette année, après une chute de -5,9% au premier trimestre puis un effondrement de 13,8% au second, suivi d'un rebond de 16 % entre juin et fin septembre. Ces estimations seront inévitablement revues à la baisse lorsque la Banque de France publiera ses nouvelles projections macroéconomiques, le 9 novembre prochain. L'INSEE doit dévoiler le chiffre du PIB français pour le troisième trimestre ce vendredi. Ce qui sera sans doute aussi l'occasion pour l'institut de donner une première estimation de l'impact du second confinement sur la conjoncture économique les trois derniers mois de l'année.

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