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Carrefour / grande distirbut
Pour Carrefour, le Bio a l’air bon
C’est la fin d’une période d’incertitude et d’angoisse pour les salariés de Bio c’ Bon. Après que des négociations exclusives avec la famille Zaouri annoncées en juin ont été rendues caduques par le choix d’une procédure accélérée auprès du Tribunal de Commerce, il aura finalement suffi de moins de trois mois pour que le repreneur soit connu. C’est par une lettre d’Alexandre Bompard écrite à l’attention des salariés du distributeur spécialisé que l’on a appris hier la victoire de l’offre de Carrefour. Et le groupe a précisé dans un communiqué s’être "engagé à préserver l’emploi de plus de 1 000 salariés Bio c’ Bon, soit la quasi-totalité de l’effectif actuel". Le distributeur a précisé que le prix de cette acquisition s’élève à 60 millions d’euros, auxquels il faut ajouter les 40 millions d’euros d’investissements promis par Carrefour.
Cette annonce arrive alors que le groupe a annoncé il y a quelques jours la cession de 60% de sa plateforme de paiement Market Pay à AnaCap Financial Partners, un investisseur spécialisé dans les services financiers européens. En valorisant Market Pay par cette opération à 300 millions d’euros, "cette opération se traduira par la constatation d’une plus-value de cession de 245 M€ dans les comptes du groupe" précise le groupe. Si l’opération devrait être finalisée au premier semestre 2021, ajoutée à l’achat de Bio c’ Bon, elle symbolise une rotation d’actifs pertinente pour le Carrefour. AnaCap Financial Partenrs et ses 15 ans d’expérience devrait participer au développement de la plateforme de paiement.
Surtout, si le groupe relate la prudence avant la finalisation de l’acquisition de Bio c' Bon – "cette opération a fait l’objet d’une dérogation à l’effet suspensif du contrôle des concentrations et sera soumise à l’examen de l’Autorité de la Concurrence dans les prochaines semaines " - elle est en ligne avec sa stratégie. Dans sa lettre, Alexandre Bompard souligne ainsi qu’ "aujourd’hui, notre ambition est de conserver le réseau, l’enseigne, les équipes, les convictions de Bio C’Bon et de combiner ces valeurs à celles de So.bio, qui sont compatibles et complémentaires. Bio C’Bon sera l’enseigne des magasins bio, urbains, premium, de moyen format et l’enseigne So.bio sera l’enseigne des magasins de périphérie, de grande taille". Cette accélération sur le double créneau du bio et de la proximité traduit en effet les évolutions de comportements des consommateurs.
D’abord, parce que, comme les résultats du semestre l’ont montré, la pandémie a accéléré la préférence pour les surfaces de petites et moyennes tailles et de proximité. Au troisième trimestre, encore, la croissance du chiffre d’affaires (+8,4% en données comparables sur un an) a été portée en France (+3,8%) par la proximité (+5,3%) et les supermarchés (+4,9%), plus que par les hypermarchés (+2,5%). Ensuite, car les consommateurs se tournent de plus en plus vers la transition alimentaire et des modes de vie plus sain, soutenant le développement du Bio. En témoigne la progression de 20% des ventes du secteur sur les neuf premiers mois de l’année. Avec l’acquisition de So.bio en 2019 (23 magasins) et BioAzur en 2020 (5 magasins), ce sont 107 nouveaux points de vente qui devraient donc venir renforcer l’offre de Carrefour dans ce segment.
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