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Les conséquences des interdictions de ventes ne se font pas attendre
"Nous n’avons pas souhaité reproduire le confinement du printemps dernier" s’est défendu Jean Castex jeudi lors d’un point presse. Et s’il est vrai que les règles semblent être bien moins sévères que le premier confinement – ou du moins bien moins sévèrement faites respectées – un secteur subit lui des restrictions plus draconiennes : la grande distribution. Interdites d’ouvrir certains rayons, dans un imbroglio assez cocasse, les grandes enseignes françaises ont presque toutes annoncé depuis quelques jours le déploiement du chômage partiel pour faire face au manque à gagner.
Chez Carrefour, pas moins de 78 000 salariés sont concernés (4 000 travaillant dans les rayons d’hyper et super ne pouvant ouvrir sont placés à 50 % en activité partielle, les autres ne perdent que 10 %). Casino et Auchan ont emboîté le pas celui qui a lancé l’hypermarché en France, faisant dépasser la barre des 100 000 salariés en activité partielle. Et bien que Carrefour comble le manque à gagner pour les salariés concernés, les syndicats se sont empressés de critiquer "un scandale ", dénonçant une manœuvre politique visant à faire pression sur l’exécutif pour motiver une réouverture la plus rapide possible de tous les rayons.
Exécutif qui n’est d’ailleurs pas resté insensible. Élisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, reconnaissait certes dimanche que "la grande distribution a bien un certain nombre d'activités à l'arrêt, qu'elle a sans doute aussi une baisse de son activité en général ". Les syndicats estiment par exemple à 20 % la baisse d’activité dans les hypermarchés. Mais elle affirmait aussi qu’elle aura "un regard très attentif et des contrôles sur la grande distribution, on vérifiera que les demandes (d’activité partielle) présentées sont justifiées". Assurément, un climat de confiance entre direction, syndicats et exécutif, alors que c’est une nouvelle fois le consommateur qui paiera, tant par la diminution de l’offre imposée, que par le financement de l’activité partielle.
Les commerces n’ont pas été entendus. Exemple de la filière française du jouet.
Encore plus que les annonces concernant la grande distribution, ce sont celles sur les commerces qui sont scrutées. La fin de la fermeture des rayons vendant des produits qui ne sont pas "de première nécessité" est de toute façon corrélée à leur réouverture. Et si la déclaration de jeudi du premier ministre n’a pas vraiment répondu à leur première volonté d’ouvrir dès 15 jours de confinement, une réouverture pour le black Friday, et donc le 27 novembre, paraît aussi peu probable. "Je crois qu’on a encore 15 jours à serrer les dents et regardons le premier décembre ce qui peut être réouvert. Pour nous ce serait idéal de regarder quelques exceptions qui peuvent être réouvertes " avançait encore ce matin la ministre déléguée chargée de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher. À l’image du choix concernant les interdictions de ventes, il se pourrait bien que le black Friday subisse lui aussi des interdictions administratives dont les formes sont encore inconnues…
Une chose est sure : le pouls du secteur du jouet semble bien avoir été pris. Jean Castex précisait ce week-end dans Le Monde "une certitude : les rassemblements festifs, familiaux dans des salles de fêtes ne pourront pas reprendre avant longtemps. De même, les bars et les restaurants, qui font aussi partie des endroits de contamination forte, ne pourront pas rouvrir dès le premier décembre, contrairement aux magasins de jouets par exemple". Ces derniers devraient donc faire partie des bénéficiaires d’un assouplissement des règles au premier décembre. "Il aurait fallu ouvrir dès maintenant " tempère Alain Ingberg, président de l’association des créateurs-fabricants de jouets français qui regroupe plus de 65 entreprises du secteur. Il poursuit : "Noël aurait été sauvé en grosse partie. Ils vont ouvrir le premier décembre il paraît, mais ça va être une précipitation. D’autant plus que tout le monde n’achète pas sur Amazon, en France 40 % du jouet est représenté par les magasins spécialisés". Et le marché est conséquent : 3,4 milliards d’euros d’activité dans l’Hexagone pour le secteur, dont 15 % pour les Français et près de 3 000 emplois.
Une nouvelle fois, c’est l’incompréhension qui règne : " on avait accepté et parlé avec le gouvernement pour faire une jauge de 10 mètres carrés par consommateur. On était prêt à surveiller les entrées, tous les magasins étaient équipés". Car si les 65 entreprises françaises "sont en danger de disparition ", que dire des commerçants spécialisés qui ont " entre 1 et 1,2 milliard d’euros de stock dans leurs magasins ". D’autant plus que le stock constitué pour Noël se distingue des jouets vendus le reste de l’année "plus cher et plus beau pour faire des cadeaux". Et si les hyper auront les capacités de faire des grosses promotions pour écouler leur stock tout en attirant les consommateurs, les spécialisés ne pourront pas faire de même.
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