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Régulation / Concurrence / SEC / Joe Biden / Régulation / Wall Street

Régulation / Concurrence
SEC / Joe Biden / Régulation / Wall Street

Un siège vacant à la SEC, Wall Street tremble

Jay Clayton, le puissant président de la SEC, va quitter le gendarme financier américain à la fin de l’année, six mois avant la fin de son mandat. Sa sortie permet à Joe Biden de nommer un profil plus enclin à renforcer la réglementation financière, au désespoir de Wall Street.
SEC - Securities and exchange commission
SEC - Securities and exchange commission

Jay Clayton était un des rares hauts membres de l’administration Trump à être resté pendant toute la durée de son mandat. Président de la SEC (Securities Exchange Commission), le gendarme financier américain, il a présenté sa démission lundi et quittera ses fonctions fin décembre, soit six mois avant la fin officielle de son mandat. Ce départ est important, dans la mesure où il intervient moins de deux semaines après une élection présidentielle sous haute tension, où la victoire de Joe Biden n’a pas encore été concédée officiellement par Donald Trump.

Jay Clayton est un ancien avocat corporate du prestigieux cabinet Sullivan & Cromwell, qui avait conseillé Goldman Sachs et les mastodontes de Wall Street, notamment dans leurs opérations M&A en plein cœur de la crise financière. Pendant son mandat, il a mené des enquêtes sur Elon Musk pour son tweet sur un projet d’OPA, ce qui lui a coûté son rôle de président de Tesla, et d’Elizabeth Holmes, la cofondatrice de Theranos pour avoir menti sur les capacités de sa technologie de tests sanguins. Position logique dans une administration républicaine, il n’a pas mené de révolution sur la réglementation financière : il a relâché les règles sur l’indépendance des auditeurs, sur les conflits d’intérêts des brokers et enfin il a exempté les hedge funds de publier leurs positions au-dessus d’un montant, suscitant de vives critiques. Mais la SEC a aussi eu à cœur d’élargir les processus d’introductions en Bourse (IPO) au plus grand nombre.

En partant plus tôt que prévu, Jay Clayton offre une occasion en or à Joe Biden, qui va pouvoir nommer un candidat dès le début de son mandat. Si l’actuel patron de la SEC était accusé de proximité et laxisme à l'égard de Wall Street, son successeur devrait avoir des positions plus tranchées sur le sujet de la réglementation financière. Joe Biden, qui avait besoin du financement des grands pontes de la finance lors de sa campagne, était resté plutôt discret sur le sujet. Mais il devrait avoir à cœur de rétablir les grands textes de loi de l’ère Obama, notamment le Dodd-Frank Act, qui a été allégé pendant le mandat de Donald Trump. Deuxième cheval de bataille : le Consumer Financial Protection Bureau (CFPB), agence de protection des consommateurs qui a aussi été vidée d’une partie de ses pouvoirs dans les quatre dernières années. Enfin, la réglementation des fintechs est devenue un enjeu de taille dans une économie numérisée et la SEC doit élaborer les nouveaux outils pour encadrer ces nouveaux acteurs.

Joe Biden a déjà montré sa volonté d’accélérer dans la réglementation. Le responsable de son équipe de transition, Ted Kaufman, n’est autre que son ancien directeur de cabinet ; il avait pris son poste de sénateur lorsque Joe Biden était devenu vice-Président, en 2009. En pleine crise financière, il avait plaidé pour un encadrement plus strict des banques, qui aurait abouti à la scission des plus grands établissements.

Avec cet agenda en tête, qui pourrait donc succéder à Jay Clayton ? Plusieurs noms circulent, donc celui de Gary Gensler, membre de l’équipe de transition en charge de réfléchir sur la régulation bancaire. Il est l'ex-patron de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC, agence qui réglemente les dérivés aux États-Unis) sous l’administration Obama et est réputé pour sa pugnacité envers Wall Street. Deuxième nom, celui de Preet Bharara, ancien procureur de Manhattan, qui a passé plus de 10 ans à enquêter sur les délits d’initiés et a provoqué la chute du célèbre hedge fund SAC Capital Advisors, et du gérant Steve Cohen. Enfin, les progressistes du parti démocrate plaident même pour deux noms de femmes membres de la SEC, Kara Stein et Allison Lee, aux positions encore plus fortes sur la régulation financière. Mais l’équipe Biden doit aussi s’assurer le feu vert du Sénat à majorité républicaine, qui va approuver ces nominations, et ne peut choisir de candidat trop extrême.

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