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Coller Capital, capital-investissement, private equity

Start-up / Private Equity / Capital-investissement / Private equity / coronavirus

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Capital-investissement : la demande ne connaît pas la crise

Les investisseurs en private equity ne sont pas découragés par la pandémie, bien au contraire, révèle le 33e baromètre de Coller Capital. Des tendances nouvelles émergent toutefois.
Coller Capital
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La demande des investisseurs pour les fonds de capital-investissement (ou private equity) ne s'est jamais vraiment tarie, que ce soit sur le marché primaire (souscription à des parts de fonds au moment de leur levée) ou sur le marché secondaire (vente et achat de parts de fonds existants). Car après la période d'incertitude et de gel relatif lié au premier confinement, entre mars et juin grosso modo, les conditions sont redevenues favorables.

"Depuis l'été, et après l’annonce du maintien des taux d'intérêt à des niveaux historiquement bas par les Banques centrales, les valorisations des entreprises se sont stabilisées à un niveau plus élevé. Les fonds de private equity ont ainsi accès à des financements à faibles coûts pour procéder à leurs investissements. Ces derniers, selon leur secteur d’activité, devraient bénéficier de perspectives de croissance positives, au moins à moyen terme", décrit François Aguerre, co-responsable de l'origination chez Coller Capital, l'un des fonds les plus anciens et des plus importants du marché secondaire.

Rien d'étonnant donc que dans le 33è baromètre mondial de Coller sur le private equity, élaboré à partir d'entretiens réalisés auprès de 113 investisseurs dans cette classe d'actifs et publié ce matin, 90% des professionnels interrogés considèrent que les mois qui viennent regorgeront d'opportunités d'investissement pour les fonds auxquels ils souscrivent. Seul un sur dix estime que ces derniers devraient faire une pause ou ralentir leur rythme d'investissement. En effet, "les investisseurs nourrissent un sentiment positif à l'égard de la classe d'actifs, puisque le cycle actuel permet d’envisager de bonnes performances futures. Les conditions d’investissements permettent d’être optimiste : la valorisation à l’entrée, les perspectives de sortie, la croissance anticipée pendant la détention, ainsi que l’effet de levier devraient contribuer à générer de bonnes performances", poursuit François Aguerre.

Même en cas de valorisation élevée (comme c'est le cas aujourd'hui dans de nombreuses transactions) qui limiterait le potentiel de plus-value à la sortie, le simple truchement de la croissance des entreprises dans les portefeuilles des fonds conjugué à un effet de levier important permis par l'accès au crédit peu cher laisse imaginer des multiples de sorties significatifs. Rien d'étonnant, donc, à ce que les souscripteurs soient particulièrement optimistes, malgré le contexte. Ainsi, 83% des sondés attendent un rendement annuel net d'au moins 11% au cours des trois à cinq prochaines années - 13% anticipant même un rendement situé entre 16 et 20%. Deux pourcents des investisseurs dans les fonds de LBO nord-américains et européens prévoient même des rendements supérieurs à 20%.

Un intérêt accru pour le distressed

Toutefois, la crise sanitaire n'est pas sans conséquence non plus pour les investisseurs, même si les changements ne sont pas immédiatement perceptibles. "Au deuxième trimestre, les investisseurs ont voulu comprendre comment se traduiraient les implications de la crise sanitaire sur les entreprises, tout en privilégiant la gestion des sujets de trésorerie a court termes. En l’absence de visibilité, ils ont reporté leurs décisions s’agissant du recalibrage de leurs portefeuilles", explique François Aguerre. Mais "aujourd'hui, les investisseurs considèrent, à l'instar des économistes et des dirigeants d'entreprises, que la crise va accélérer la transition vers une quatrième révolution industrielle. Anticiper les secteurs et les entreprises qui seront gagnants, ou perdants à l’issue de cette nouvelle transition économique, peut faciliter la prise de décision concernant une transaction", ce qui explique notamment la reprise du marché du secondaire à partir de l'été, notamment grâce à l'intervention des Banques centrales. En effet, les acquéreurs vont être motivés pour s'exposer à des thématiques porteuses, tandis que les vendeurs ne sont pas dans l'ignorance de celles-ci, mais peuvent avoir simplement besoin de cristalliser la performance de leur investissement, de faire des arbitrages ou de céder un actif qui se trouve être en concurrence avec un autre actif de leur portefeuille.

En termes d'évolutions, les deux tiers des répondants au baromètre estiment que leur "communauté" en général prendra davantage en compte les risques structurels (comme les pandémies, le changement climatique ou les tensions géopolitiques) dans la construction de leur portefeuille de placements en private equity, le reste estimant que cette prise en compte existe déjà et n'ira pas plus loin. Autre évolution notable provoquée par la situation sanitaire : un intérêt plus marqué pour les stratégies de retournement ou "distressed", alors qu'elles motivent en général des acteurs très particuliers. Vingt-neuf pour-cent des investisseurs interrogés envisagent d'accroître leur exposition à ces types de stratégies dans les deux à trois prochaines années, contre 20% lors de la 32è édition du baromètre un an plus tôt.

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