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Politique européenne / Hard Brexit / Boris Johnson / commission européenne / Ursula von der Leyen

Politique européenne
Hard Brexit / Boris Johnson / commission européenne / Ursula von der Leyen

Brexit : ultimes négociations pour trouver un accord

Les deux parties bataillent toujours pour s'entendre sur les règles de concurrence équitable et les questions de pêche. La livre s'est effondrée face au peu d'avancées et à quelques jours du Conseil européen.
Van der Leyen Boris Johnson
Van der Leyen Boris Johnson

La tension est à son comble entre Londres et Bruxelles, à quatre jours du fatidique sommet européen au cours duquel les 27 chefs d'Etats européens doivent entériner un accord sur l'avenir de leurs relations avec le Royaume-Uni, post-Brexit. Le Conseil du 10 décembre marque en effet la date limite pour respecter le calendrier du Brexit, et permettre aux Etats de valider l'accord avant la sortie officielle de l'UE de la Grande-Bretagne, le 31 décembre. Et malgré des heures de négociations, qui se sont prolongées jusque tard dans la nuit de dimanche à lundi, les deux camps ne sont toujours pas parvenus à s'entendre, notamment sur les conditions de concurrence équitables.

Selon le ministre des affaires étrangères irlandais Tony Connelly, qui était présent à la conférence des ambassadeurs donnée par Michel Barnier ce matin, le négociateur en chef du Brexit aurait adopté "un ton très maussade" pour décrire l'avancée des pourparlers et se serait montré "réservé quant à la possibilité de parvenir à un accord dans la journée". La devise britannique, véritable boussole des négociations sur le Brexit depuis juin 2016, a chuté suite aux déclarations peu optimistes des différents ambassadeurs à la sortie du brief de Michel Barnier : en milieu de journée, la livre s'échangeait autour de 1,09 contre l'euro soit une chute de plus de 1% depuis le début de matinée et à 1,326 contre le dollar, en baisse de 1,35% sur la même période.

Que va-t-il se passer aujourd'hui ? Les députés britanniques doivent reprendre cet après-midi les discussions sur la loi sur le marché intérieur. Ce qui ne devrait pas contribuer à améliorer les relations entre les deux camps: rappelons que cette internal market bill suscite l'ire de l'UE en raison de plusieurs articles contredisant l'accord de sortie validé par l'UE et la Grande-Bretagne en janvier dernier. Michel Barnier doit de son côté s'entretenir avec Ursula von der Leyen en fin d'après-midi pour tenter de débloquer les négociations, et il s'exprimera en fin de journée avec son homologue David Frost sur l'état des discussions. 

Le sujet de la pêche est loin d'être réglé

Comme depuis le début des pourparlers, trois points empêchent la Grande-Bretagne et l'UE de parvenir à un accord : la pêche et la question de l'accès des bâteaux européens aux eaux britanniques. Rappelons que pour le moment, la zone économique exclusive que constituent les 15.000 kilomètres de côtes britanniques est partagée entre les Etats européens, en vertu de la Convention de Londres et de la politique commune de pêche (PCP). Or la Grande-Bretagne souhaite reprendre le contrôle exclusif de ses eaux, très poissonneuses, une fois sortie de l'UE, et mettre fin à la politique de quotas, qui ne lui laissait qu'une petite partie des ressources jusqu'alors. L'UE y est bien sûr opposée et notamment la France, dont les pêcheurs bretons et normands puisent une grande partie de leurs filets dans la zone britannique. Michel Barnier a douché les espoirs d'un compromis sur le sujet ce matin lors de la conférence des ambassadeurs, alors que plusieurs médias avaient annoncé hier soir que la question était réglée. 

Autre sujet qui fâche, celui des conditions de concurrence équitable : l'UE souhaite éviter que la Grande-Bretagne ne profite de sa sortie de l'Europe pour proposer des réglementations moins contraignantes, dans des domaines tels que les aides d'état, les normes sociales et de travail et la fiscalité, entraînant ainsi des distorsions de concurrence. La Grande-Bretagne revendique au contraire la possibilité de s'éloigner des normes européennes une fois sortie, afin de retrouver sa souveraineté. La façon de régler les différends dans le futur accord commercial enfin, fait également débat et contribue a ralentir les négociations depuis le début des pourparlers. 

Un accord de la dernière heure est encore possible, et il est même très probable que chacun des deux camps fera durer le suspense jusqu'à la dernière minute pour espérer obtenir le plus de concessions de la part de la partie adverse. Selon un responsable de la Commission européenne, le Conseil de jeudi et vendredi prochain pourrait d'ailleurs se prolonger pendant le week-end.

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