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Black Friday : loin d’un vendredi noir, le début du sauvetage ?
Indéniablement, le report du Black Friday a été une victoire de communication pour le gouvernement, mais aussi pour les grandes places de marché électroniques. Aux premiers rangs desquelles le leader français Cdiscount, qui a atteint vendredi un record historique d’affluence sur son site, avec 10 millions de visiteurs uniques, battant le précédent record établit lors du Black Friday de 2019 et ses 8 millions de visiteurs uniques. "Nous avons l’habitude de dire que le Black Friday est le coup d’envoi des achats de Noël. Nous le voyons aussi avec par exemple 1.500 boites de foie gras et 2.000 bouteilles de champagnes vendues", indique l'entreprise à WanSquare. Décembre s’annonce donc bon pour le groupe, qui a remarqué trois tendances : "les produits de mobilités (1.200 trottinettes électriques ont été vendues), le made in France, les produits haut de gamme". Cela correspond aussi à la pratique de Cdiscount qui avait placé les commerçants français en haut de page. Le corner "made in France" a d’ailleurs vu ses ventes doubler ce jour-là.
Certes, les consommateurs ont répondu présent. Mais l’essentiel est autre part. Les acteurs omnicanaux, par exemple, indiquent tous avoir du mal à réellement distingué ce qui résulte d’une hausse des ventes expliquée par le Black Friday d’une hausse des ventes expliquée par le premier dimanche de décembre, alors rajouter dessus une semaine de relatif déconfinement et les chiffres sont difficiles à interpréter. Interrogé par WanSquare, FNAC-Darty met plutôt en avant que ce week-end est la preuve que l’on peut rouvrir les magasins en respectant les conditions sanitaires. C’est donc pour rassurer les consommateurs et nourrir les dépenses que ces réouvertures étaient tant vitales. Il faudrait toutefois être naïf pour ne pas y voir aussi une raison financière : si la partie vente en ligne de ces acteurs a pu permettre de conserver des niveaux de ventes essentiels, acheminer les produits des magasins ou des entrepôts aux clients représentaient une perte significative alors même qu’en temps normal la moitié des achats effectués en ligne le sont dans un système de click and collect. Rouvrir permet donc de motiver les consommateurs à retourner aux points de vente, ne serait-ce que pour récupérer les produits, et aux distributeurs omnicanaux d’économiser la manne dépensée dans l’acheminement.
En centre-ville, les commerces frappés de nouveau, cette fois-ci par l’exécutif
Les choses ne sont pour autant pas aussi optimistes pour les commerces. Et pourtant, si on parle souvent du rôle du géant Amazon ou encore de Cdiscount dans les dépenses, 5 des 6 milliards totaux de dépenses lors du Black Friday 2019 avaient été réalisés dans les magasins. Certes les affluences ont plutôt étaient bonnes. Selon des documents internes que WanSquare a pu consulter, le Printemps a ainsi comptabilisé près de 36,3 millions d’euros de ventes sur la semaine, avec presque 10 millions d’euros pour ce premier samedi de décembre et plus de 6 millions d’euros le lendemain. Mais RTL relayait hier que les ventes du Black Friday ont augmenté de 20% sur internet mais diminuaient de 5% dans les boutiques, citant le groupement des Cartes Bancaires.
Alors que les stocks sont pleins et les commerçants face à la nécessité de les écouler pour survivre, deux éléments viennent assombrir le futur. D’abord, l’opiniâtreté de l’exécutif à vouloir faire passer des lois qui mobilisent une partie de la population. Les manifestations du week-end dans de nombreuses villes de l’Hexagone contre la loi dite sécurité globale inquiètent ces acteurs. Et les annonces concernant la volonté de faire passer la loi sur le système des retraites ne laissent pas entrevoir des centres-villes calmes pour le début de l’année 2021. Surtout, le report des soldes d’hiver au 20 janvier inquiète. Dans un communiqué commun partagé sur le site de la Fédération du commerce et de la distribution, "les organisations s’inquiètent des conséquences économiques et sociales que pourrait avoir ce report en cas de difficulté de trésorerie début janvier, suite à un mois de novembre sans chiffre d’affaires".
Initialement prévues le 6 janvier, ces soldes devaient permettre "d’assurer l’écoulement des stocks", de "reconstituer la trésorerie", de "contribuer à la nécessaire relance de la consommation " et "préserver les autres périodes commerciales" selon ce même communiqué. Interrogé par WanSquare, Jean-Guilhem Darré abonde : du côté de Bercy, c’est la même justification avec le mécanisme contraire que l’on défend "le report a été décidé pour permettre aux commerces de vendre leurs produits sans réduction de prix, pendant plusieurs semaines afin de pouvoir reconstituer leur trésorerie après la période de fermeture totale ou partielle". Ce que corrobore Jean Guilhem Darré, délégué générale du Syndicat des indépendants, qui regroupe des plus petits acteurs que les syndicats ayant milité contre le report des soldes "il y a un point positif, c’est un petit peu difficile d’envisager, compte tenu des stocks qu’on arrivera pas à couler, d’embrayer direct sur les soldes, car nous devons vendre à juste prix. A cet égard le report est positif, le 20 janvier, si tout se passe bien, sera une date de réouverture plus générale. Mais l’élément moins positif c’est qu’Alain griset parlait d’une possibilité de reprise des stocks fin janvier donc si on reporte au 20 janvier étonnant reprise des stocks fin janvier". Il faut dire que selon une étude du syndicat, 49% des répondants ont eu moins d’affluence que d’habitude sur le week-end et seulement 19% plus, 46% un chiffre d’affaires en baisse. Tout cela alors que les dernières rumeurs font égard d’objectifs sanitaires qui ne seront pas remplis, et décaleraient donc les dates du premier agenda de levée des restrictions présenté par l’exécutif. A ce rythme-là, les soldes d’hiver auront lieu au printemps, du moins pour les commerces qui n’auront pas fermés.
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