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USA : l'urgence d'un second plan de relance
L’épidémie de Covid 19 est en train de flamber outre-Atlantique, faisant redouter un nouveau ralentissement de l’économie américaine. Et ce, au pire moment puisque les principales mesures de soutien budgétaire instaurées lors du premier confinement arrivent à échéance d'ici la fin de l'année. 224 831 nouveaux cas ont été enregistrés vendredi dans le pays et plus de 101 000 personnes ont été hospitalisées vendredi et samedi, ce qui constitue un nouveau triste record pour les Etats-Unis, dont le nombre de décès quotidiens a dépassé les 2 500 vendredi pour le troisième jour consécutif.
Dans ce contexte sanitaire critique, le pays a donc besoin de toute urgence d’un nouveau stimulus afin de prolonger le soutien aux ménages et entreprises, le temps que la campagne de vaccination soit lancée dans le pays. “Les indicateurs de mobilité aux Etats-Unis n’ont commencé à se dégrader qu’à la fin du mois de novembre. A leur tour les enquêtes commencent à refléter une dégradation de l’activité mais à partir d’un niveau plus élevé qu’en Europe”, explique ainsi Gilles Moëc, chef économiste chez Axa IM, lors d’une conférence sur les perspectives de l’année 2021. “Le marché du travail et l’épuisement des mesures budgétaires d’urgence sont les deux sources de fragilité aux Etats-Unis”, poursuit le chef économiste.
A la différence de l’Europe en effet, où le marché du travail a été relativement bien protégé grâce aux mesures massives de chômage partiel, celui des Etats-Unis s’est plus fortement dégradé, les aides de l’Etat ayant surtout consisté en des mesures de soutien direct aux revenus des ménages. “Le marché de l’emploi n’a pas réussi à se normaliser aussi vite que prévu”, explique encore Gilles Moec.
Vendredi dernier, le Département du travail américain a ainsi affiché pour le mois de novembre des chiffres de créations d’emploi trois fois inférieurs à ceux d’octobre avec 245 000 créations de postes au total contre 610 000 créations le mois précédent, tous secteurs confondus; 9,8 millions d’Américains de moins que fin 2019 ont un emploi, et 12 millions d’Américains devraient perdre leur droit aux allocations chômage le 26 décembre prochain.
Face à l’envolée de l’épidémie et au ralentissement économique, un groupe bipartisan de sénateurs, mené par Mark Warner côté démocrates a proposé ce week-end un nouveau programme de stimulus, de 908 milliards de dollars. La proposition détaillée comprend notamment 288 milliards de dollars d'aide aux petites entreprises, 180 milliards de dollars d'allocations chômage qui augmenteraient les versements hebdomadaires de 300 dollars et 160 milliards de dollars pour les gouvernements locaux à court d'argent. Enfin, le programme prévoit également une aide aux secteurs en difficulté, dont 17 milliards de dollars pour l'industrie aérienne. Si l’aile progressiste des démocrates souhaiterait que le programme comporte des aides plus directes aux ménages, et plaident notamment pour un chèque de 1200 dollars aux plus démunis, ils pourraient se rallier au plan et le valider dans les prochains jours, face à l’urgence de la situation.
“Notre scenario central est un stimulus budgétaire représentant 5% du PIB pour l’an prochain, soit significativement plus que les montants des lois de finances en Europe (l'Allemagne prévoit de dépenser 1,6% à 2,2% de son PIB l'an prochain)”, explique Gilles Moec, d’Axa IM. Et le stimulus budgétaire pourrait être encore plus important et atteindre jusque 10% du PIB, si les démocrates remportent les deux élections sénatoriales le 5 janvier prochain.
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