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Le secteur du bâtiment revient sept ans en arrière
Parmi les secteurs perdants de la crise pandémique, le bâtiment ne doit pas être oublié. Et pour cause : selon les chiffres de la Fédération française du bâtiment, l’activité du secteur a chuté de 15,2 % par rapport à l’année précédente, hors effet prix. Il s’agit ici d’une baisse historique puisque le dernier point bas, atteint en janvier 2009 crise financière oblige, avait vu l’activité se rétracter de 9,6 % "seulement". "À noter que l’on estime que la production bâtiment n’aurait reculé que de 4,6 % en 2020 sans premier confinement strict", précise l’organisme dans sa note, soulignant les conséquences du premier confinement. Malgré cela, les aides mises en place ont permis de limiter l’impact sur l’emploi : "tous salariés et intérimaires en équivalent emplois à temps plein (ETP) confondus, 2020 se solde sur la perte d’environ 10 000 postes dans le bâtiment, soit un effritement de 0,8 %". En fait, 30 000 postes intérimaires ETP ont disparu par rapport à 2019 tandis que 20 000 emplois salariés ont été créés.
Dans le détail, la construction neuve s’effondre. Tant du côté du logement (-22 %) que du non résidentiel (-23 %). À l’opposé, l’amélioration-entretien résiste un peu mieux (-9 %).
Surtout, "la situation financière des entreprises de construction se détériore en 2020. Ainsi, la marge diminue de plus de 4 points, pour s’établir aux environs de 22 % de la valeur ajoutée". Et si on comptabilise une baisse de 40 % des défaillances dans le secteur – en lien avec la baisse globale explicable par les mesures d’aides – l’année 2021 s’avérera de fait compliquée. Certes, un rebond de 11,3 % en volume est attendu (+14,6 % pour le logement neuf, + 11,6 % pour le non résidentiel neuf et +9,8% pour l’amélioration-entretien). Mais " par rapport à 2019, l’activité totale bâtiment ressortira encore en baisse de 5,6 %, soit environ 8 milliards d’euros en moins. Le volume d’activité ressortira alors proche de celui de 2014". Pire, "50 000 postes y compris intérimaires ETP seront menacés en 2021 (-4,1 %). En effet, sans accès de droit au dispositif d’activité partielle et avec la chute d’activité précédemment mentionnée, les entreprises se trouveront conduites à licencier".
Tout cela amène la Fédération à formuler plusieurs propositions de mesures de relance pour aider le secteur. D’autant plus que l’année 2021 doit voir la mise en place de la réglementation environnementale RE2020 dont l’étude d’impact du gouvernement estime le surcoût de construction engendré par ces mesures à 4 %. D’abord, il s’agirait de "la mise en place d’un crédit d’impôt transitoire à la primo-accession dans le neuf. Il s’élèverait à 40 % du montant des cinq premières annuités plafonnées". Ensuite, "un complément au crédit d’impôt précédent, par exemple de 10 points de pourcentage, l’aide s’établissant alors à 50 % des annuités prises en compte sur cinq ans" pour accompagner la RE2020. Enfin, majorer le Pinel : "pour une durée moyenne d’investissement de 9 ans, cette réduction passerait de 18 % à 27 %".
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