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Bouygues confirme son retour à meilleure fortune

Malgré des résultats décevants en construction au troisième trimestre, le conglomérat affiche une solide croissance depuis le début de l’année, retrouvant ses niveaux pré-pandémie. Mais son vrai défi est ailleurs : réussir l’intégration d’Equans.
Bouygues
Bouygues

Déjà malmenée pour son offre jugée bien trop onéreuse sur Equans, la filiale de services multitechniques d’Engie, Bouygues a encore déçu les investisseurs hier, en raison de ses résultats financiers cette fois.

Les gestionnaires d'actifs reprochent au conglomérat – qui allie le BTP, les télécoms et les médias – le ralentissement de sa croissance au troisième trimestre, par rapport à un premier semestre qui marquait un fort redressement et lui avait permis de réviser en hausse ses objectifs financiers. Il souffre également d’un effet de base défavorable, puisque ses résultats avaient bénéficié d’un effet de rattrapage au troisième trimestre 2020 après le premier déconfinement.

La rentabilité des activités de construction du groupe au sens large (qui regroupent Bouygues Construction, Bouygues Immobilier et Colas et représentent 80% de son chiffre d’affaires) est particulièrement pointée du doigt. Le résultat opérationnel courant (Roc) de cette branche a atteint 432 millions d’euros au troisième trimestre : ce montant représente une baisse de 23% sur un an, tandis que les analystes attendaient en moyenne autour de 460 millions. Ce recul a pesé sur l’ensemble groupe, dont le Roc accuse en conséquence une baisse de près de 18%.

La sanction boursière paraît pourtant sévère. "Un ralentissement de la croissance était prévu compte tenu de la baisse du carnet de commandes (second semestre 2021 contre second semestre 2020) que Bouygues Construction a signalée en août, et des comparables plus difficiles rencontrées au troisième (activité de rattrapage durant l'été 2020 ; retards dans l'octroi des permis durant la période actuelle)", explique Jefferies. Ce d’autant plus que Bouygues Telecom et TF1 se sont bien tenus.

Le troisième trimestre ne remet pas en cause la tendance des activités de Bouygues depuis le début de l’année qui témoignent que la crise sanitaire est sur le point d’être oubliée. Pour les neuf premiers mois, son chiffre d’affaires progresse de 10% sur un an à 27,52 milliards d’euros (soit seulement 80 millions de moins qu’il y a deux ans). Malgré son hoquet du troisième trimestre, le pôle construction affiche un revenu en hausse de 9% depuis le début de l’année à 20,6 milliards (+16% en France et +3% à l’étranger). Bouygues Telecom voit lui ses ventes progresser de 5%, malgré l’absence de reprise du roaming (et de 13% en prenant en compte l’acquisition en 2020 de EIT, l’opérateur mobile du Crédit Mutuel).

Le Roc du groupe bondit de 70% à 1,14 milliard, dépassant de 30 millions celui réalisé deux ans plus tôt. La marge retrouve ainsi son niveau de 4,1% après être tombée à 2,7% au cours des neuf premiers mois de l’année dernière. Seul le bénéfice net reste sensiblement en retrait sur deux ans (807 contre 848 millions d’euros), mais il représente le triple de celui de la période équivalente en 2020.

L’évolution permet à Bouygues de confirmer ses objectifs annuels, soit un chiffre d’affaires, un Roc et une marge similaires à 2019.

La réaction négative des investisseurs (le titre a perdu jusqu’à 2,3% en séance hier) peut aussi s’expliquer par leur niveau d’exigence accru, en raison de la teneur générale très solide des résultats des entreprises européennes au troisième trimestre, mais aussi des commentaires d’Olivier Roussat, le directeur général de Bouygues, quant à l’inflation des matières premières : si ses effets restent mesurés dans les comptes du groupe, elle devrait se prolonger en 2022.

En outre, Bouygues devra chasser le doute dans l’esprit des marchés concernant l’acquisition d’Equans, la plus importante de son histoire (elle représente une valeur d’entreprise de 7,1 milliards d’euros). L’intégration d’Equans, qui formera le cœur de la nouvelle division baptisée Bouygues Services (12 sur 16 milliards d’euros de chiffre d’affaires), représente le vrai défi du conglomérat : sa marge opérationnelle (3,5%) est nettement inférieure à celle du reste du groupe.

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