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Vinci / concessions / construction / Inflation

Les autoroutes, l’arme anti-inflation de Vinci

Grâce notamment à ses activités de concessions, Vinci dispose sans doute de l’un des modèles économiques parmi les moins exposés à l’inflation et à une possible récession.
Les tarifs des péages sont indexés sur l'inflation - Laurent GRANDGUILLOT/REA
Les tarifs des péages sont indexés sur l'inflation - Laurent GRANDGUILLOT/REA

Le scénario serait déjà écrit. Déjà fragilisées par l’inflation galopante, les perspectives de bénéfices des entreprises sont de plus en plus menacées face aux craintes d’un ralentissement économique important accentué par la hausse des taux. La chute des marchés financiers ne dit pas autre chose, bien que tous les modèles économiques et tous les secteurs ne soient pas exposés de la même façon.

La capacité à faire face aux risques macroéconomiques est très variable en fonction des segments. Selon Oddo BHF, ce sont les autoroutes et la construction qui sont "les mieux positionnés", soit les deux métiers phare des géants français du BTP Vinci et Eiffage. De fait, alors que les investisseurs s'inquiètent de la hausse de l'inflation et du ralentissement de la croissance économique, les analystes JP Morgan considèrent que "les risques sur les bénéfices de Vinci sont limités". Le groupe dirigé par Xavier Huillard serait particulièrement à l’abri, alors que la structure tarifaire de ses principales activités est indexée sur l'inflation.

 

Couverture naturelle

 

Avec un réseau de 4 443 kilomètres, correspondant aux concessions d’ASF, Cofiroute, Escota, Arcour et Arcos, Vinci Autoroutes est le premier concessionnaire autoroutier français. Un atout dans le contexte actuel. "Les concessions autoroutières sont les activités les plus attractives dans un environnement inflationniste", souligne Oddo BHF. Les autoroutes françaises offrent une couverture naturelle contre l'inflation, les tarifs annuels étant indexés à 70% sur l’indice des prix à la consommation (hors tabac), calculé à la fin du mois d'octobre de chaque année. En attendant l’impact d’une éventuelle récession, le trafic des concessions autoroutières du groupe a d’ailleurs connu une forte reprise en mai, progressant de 12,7% sur un an et de 10,8% par rapport à 2019. Sur les cinq premiers mois de l’année, le trafic cumulé dépassé désormais de 3% le niveau de la même période en 2019.

Les concessions aéroportuaires de la division Vinci Airports ont connu une embellie encore plus spectaculaire. Le trafic de passagers y a plus que triplé en mai par rapport à l’an dernier, approchant son niveau d’avant crise sanitaire dans plusieurs aéroports, notamment au Portugal et sur le continent américain. Une reprise dont les effets à attendre sur les résultats du groupe seraient sous-estimés selon Barclays. La banque britannique souligne "le fort levier d’exploitation sur la reprise du nombre de passagers", du fait que les aéroports ont généralement une structure de coûts fixes représentants 60 à 70% de leurs dépenses d’exploitation, "ce qui les rend très sensibles aux variations du trafic". En termes de rentabilité, Barclays estime que la division Vinci Airports pourrait générer un excédent brut d’exploitation (Ebitda) de plus de 1,4 milliard d’euros cette année, soit une estimation "supérieure d'au moins 200 à 300 millions d'euros aux attentes de la plupart des investisseurs".

 

Relais de croissance dans l’énergie

 

Dans la construction, qui demeure le principal métier du groupe, la demande privée souffrirait certainement d’un ralentissement conjoncturel. Ses effets pourraient toutefois être atténués par de nouveaux plans de soutien que les gouvernements seraient amenés à lancer. Par ailleurs, face aux pressions inflationnistes des matières premières et de la chaîne d'approvisionnement, "nous constatons une protection contractuelle chez Vinci Construction, avec une grande proportion de contrats publics contenant des clauses d'indexation ainsi que des clauses de répercussion des coûts", note JPMorgan.

Le groupe dispose aussi d’un relais de croissance important dans l’énergie. L’acquisition des activités énergie d’ACS (Cobra IS), finalisée à la fin de l’année dernière, pour un montant de 4,9 milliards d’euros, a permis à Vinci de changer de dimensions dans l’ingénierie, les travaux et les services liés à l’énergie, tout en accélérant son développement dans les énergies renouvelables.

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