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Saint-Gobain / btp / bâtiment / construction / C / GCP Applied Technologies / Chryso

Saint-Gobain creuse son sillon dans la chimie du bâtiment

L’acquisition de l’américain GCP, pour une valeur d’entreprise de 2,3 milliards de dollars, légitime celle de Chryso réalisée en mai dernier. Son activité est très complémentaire à celle du géant français.
Benoît Bazin, directeur général de Saint-Gobain
Benoît Bazin, directeur général de Saint-Gobain

En annonçant ce matin l’acquisition de l’américain GCP Applied Technologies, Saint-Gobain capitalise sur l’acquisition du français Chryso en mai dernier en faisant un bond dans la chimie de la construction. Le géant français des matériaux de construction va lancer une offre sur l’intégralité du capital de GCP à 32 dollars par action, ce qui représente une valeur d’entreprise de 2,3 milliards de dollars. Il a déjà obtenu l’accord des actionnaires Starboard et Standard Investment, qui détiennent une participation de 33%.

Avec un prix par action proposant une prime de 39% par rapport au cours moyen pondéré des 30 séances précédente mais inférieur de 6% au cours d’il y a deux ans, Saint-Gobain s’en tire raisonnablement bien. La valorisation représente 13,2 fois l’Ebitda estimé de la cible en 2022 (170 millions de dollars) et 8,8 fois après la prise en compte de 85 millions de dollars de synergies en année pleine (à compter du troisième exercice). Certes, le multiple est nettement supérieur à celui auquel MBCC a été acquis par le suisse Sika auprès de BASF (11,5 fois l’Ebitda), dossier que Saint-Gobain avait également regardé. Mais dans ce cas, les usines de polymères étaient exclues de l’opération de scission et étaient restées dans le giron du géant allemand. Ce qui justifie cet écart.

D’autant plus que l’acquisition correspond à l’objectif de Saint-Gobain d’accélérer considérablement dans la chimie du bâtiment (adjuvants et additifs pour le ciment) et en dehors d’Europe. GCP offre une grande complémentarité avec le Français : il réalise un milliard d’euros de chiffre d’affaires à 80% en dehors d’Europe (40% en Amérique du Nord et 40% en Asie, dans les pays émergents, au Moyen-Orient et en Afrique). Or, Chryso a des positions fortes principalement en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique et le groupe français n’a pas caché son désir de se renforcer en dehors du Vieux continent, en particulier en Asie ("De notre développement en Asie dépend notre place de leader mondial", avait déclaré Javier Gimeno, le responsable de la zone Asie-Pacifique en juin dernier) et aux Etats-Unis. Saint-Gobain a ainsi bâti, avec rapidité mais cohérence, ses positions outre-Atlantique : à l’origine constituées principalement à partir de Weber dans les activités traditionnelles comme le mortier, elles ont fait un bond de géant avec l’acquisition de Chryso cette année, également spécialisé dans la chimie de la construction, relais de croissance et de rentabilité essentiel. "Nous étudions beaucoup de sociétés que nous ne regardions pas avant d’avoir acquis Chryso, car nous ne disposions pas d’activités dans les adjuvants et les additifs ", a commenté ce matin Benoît Bazin, le directeur général de Saint-Gobain lors d'une conférence avec des journalistes. En dehors des activités chimiques, GCP est présent dans l’enveloppe du bâtiment (membranes sous toiture, membranes d’étanchéité…) centrée sur l’Amérique du Nord, qui complétera le portefeuille d’activités américaines de Saint-Gobain.

Saint-Gobain apportera également une stabilité salutaire à GCP, dont les marges (dont les activités présentent un écart moyen de 7 points par rapport à celles Chryso) ont souffert en raison de ses crises de gouvernance – la société a connu trois directeurs généraux en cinq ans et deux changements complets de son actionnariat, avec l’arrivée de fonds activistes. L’intégration permettra également des ventes croisées, estimées à 100 millions de dollars par le groupe français.

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