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Eiffage : rebond à tous les étages
Oubliée, la pandémie. Les comptes de 2021 d’Eiffage ont dépassé ceux de 2019, reléguant l’année 2020 et ses confinements à un mauvais souvenir. Le chiffre d’affaires et le bénéfice net affichent en effet une hausse respective de 3,2% et 7,2% par rapport à 2019, dernier exercice avant l’éclatement de la crise sanitaire : ils atteignent 18,7 milliards et 777 millions d’euros. Par rapport à 2020, le bénéfice a doublé. Des éléments supérieurs au consensus des analystes.
Le groupe de BTP et de concessions a marqué des points dans les infrastructures, notamment grâce à la montée en puissance des contrats remportés en 2020 : les revenus de cette activité ont atteint 6,84 milliards d’euros après une hausse de plus de 14% par rapport à 2020 et 6,2% par rapport à 2019. Elle représente désormais près de la moitié (44%) du chiffre d’affaires de la division Travaux. L’activité Energie Systèmes, relais de croissance d’Eiffage enrichi de régulières acquisitions, progresse également de manière soutenue pour terminer l’année à 4,75 milliards d’euros (+17,2% sur un an et +6,1% sur deux ans).
La bonne santé d’Eiffage dans ces deux activités a permis à la division d’afficher une progression de 3,4% par rapport à 2019 (à 15,7 milliards d’euros, soit 84% des revenus du groupe). Elles compensent en effet la faiblesse de l’activité de construction, qui a relativement souffert, dans les marchés publics, du retard à l’allumage des collectivités locales : si elle progresse de 11% sur un an, elle chute de 3,8% par rapport à 2019. Le quatrième trimestre a été particulièrement pénalisant, puisqu’il est également en recul en glissement annuel.
Le regain d’activité ne s’est pas fait au détriment de la rentabilité opérationnelle. Eiffage a amélioré sa marge par rapport à 2019 (3,7% contre 3,6%).
Le dynamisme de la reprise s’est tout autant traduit dans le carnet de commandes. Eiffage est parvenu à accroître de 1% le montant des commandes nouvelles par rapport à 2020, année où il avait pourtant remporté deux contrats record (celui de la ligne à grande vitesse britannique HS2 et celui de l’autoroute A3 en Allemagne) : il a pris 16,3 milliards d’euros de commandes nouvelles l’année dernière. Ce qui laisse augurer d’un niveau d’activité important pour les années suivantes.
Déjà dynamique en 2021 (+17%) grâce à l’accélération de l’activité au second semestre, la division Concessions (16% du chiffre d’affaires) devrait témoigner d’une croissance plus soutenue que les autres activités grâce à la reprise du trafic autoroutier – alors que les flux de véhicules sur les autoroutes APRR, le viaduc de Millau et l’A65 avaient baissé l’année dernière – et du trafic aérien. Ce qui permet à Eiffage d’anticiper une nouvelle amélioration de ses bénéfices. "Le groupe va profiter en effet d'un carnet de commandes toujours en hausse et d'une reprise des commandes des collectivités locales qui avaient été plus limitées au deuxième semestre 2021", estime le courtier Oddo BHF.
En outre, le groupe continuera à accorder beaucoup d’importance à l’énergie, comme l’illustre sa tentative d’acquisition d’Equans auprès d’Engie en 2021. L’activité devrait bénéficier d’une allocation de capital favorable cette année.
Eiffage a décidé d’octroyer un dividende de 3,1 euros par action au titre de l’exercice 2021, un montant également supérieur au consensus.
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