Entreprises / Actions / Total / pétrole / renouvelable / GNL
Entreprises / Actions
Total / pétrole / renouvelable / GNL
Total agit sur tous les fronts, au cœur d’une double crise
"Le monde est confronté à un double défi : celui de subvenir aux besoins énergétiques croissants d’une population mondiale qui ne cesse d’augmenter, et celui de réduire ses émissions de carbone" affirmait Patrick Pouyanné ce matin, lors d’une intervention sur le plateau télévisé du forum Oddo BHF. Par conséquent, l’objectif n’est pas de réduire la production d’énergie, mais bien de transformer le mixte énergétique mondial renchérit le dirigeant. Cependant, selon le P.-D.G., "nous ne pouvons pas passer soudainement d'un système qui repose à 80 % sur le carburant à un système sans émission carbone, il faut une transition."
Total s’est résolument engagé dans cette transition depuis quelque temps, mais l'année passée a été la plus décisive. Au mois de mai dernier le groupe annonçait sa nouvelle "Ambition climat", et se fixait pour objectif de produire 35 % de pétrole d’ici 2024 par rapport aux 55 % actuels. La crise ne modifie pas leur calendrier précise le dirigeant. "Total était autrefois animé par la recherche du pétrole. Aujourd'hui, le groupe est guidé par les besoins de ses clients." Néanmoins, des compromis sont à l’œuvre lors de la mise en place de leur mixte énergétique pour les années à venir. "Les gens ont tendance à oublier que les énergies renouvelables sont intermittentes dans leur mode de production et très intensives en capital. Ils veulent une énergie à la fois propre, fiable et abordable." Face à toutes ces exigences, la stratégie de Total repose sur une combinaison de production de gaz naturel liquéfié (GNL) et d'énergies renouvelables, le GNL permettant de remédier au caractère discontinu des énergies vertes. Le groupe français est le deuxième plus grand acteur privé mondial du GNL, détenteur d’environ 10 % du marché, ce qui devrait assurer sa transition pendant une trentaine d’années vers une forme d’énergie plus verte affirme Monsieur Pouyanné.
Concernant les énergies vertes, 2 milliards d’euros ont été investis cette année principalement dans l’éolien offshore ; seuls les projets qui génèrent 10 % de retour sur investissement sont sélectionnés. Le groupe a l’intention de détenir une part de marché des énergies renouvelables de 4 %, ce qui représente environ 100 GW, 10 GW étant déjà productibles depuis la fin de l'année 2020. Le groupe est confiant quant à sa capacité à s'affirmer comme acteur majeur du secteur des renouvelables "le monde est vaste" et "il y a de la place pour tous". Patrick Pouyanné rappelle que Total, en sa qualité de grand groupe, a la possibilité d’investir sur plusieurs fronts sans faire de concessions. La nécessité cette année de poursuivre un objectif court terme, consistant à générer de la liquidité en dépit d’un environnement peu porteur, ne les a pas empêchés de poursuivre en parallèle un objectif long terme de transformation du groupe. Le P.-D.G. de Total assure par ailleurs avoir une ambition tout aussi grande pour l’année 2021 et précise que le groupe annoncera dans les prochains jours comment il renforcera sa position aux États-Unis ou en Inde.
De l'énergie fossile à faible coût
Mais si Total prépare activement le monde d’après, il ne se défait pas pour autant de ses activités pétrolières, afin de ne pas créer une pénurie comme l’explique le groupe. "Si vous n'investissez pas dans le pétrole, la production diminuera naturellement de 4 à 5 % par an", détaille le dirigeant. Même si le groupe prévoit que la demande mondiale en énergie fossile diminuera d'environ 2 % par an au cours des années à venir, il juge nécessaire de répondre à la demande actuelle. Total opère malgré tout un changement de stratégie concernant le pétrole. Il abandonne l'exploration de réserves pétrolières non exploitées trop coûteuses, pour ne cibler que les zones de forage bon marché et ainsi produire du pétrole à moins de 20 dollars le baril. Total a un avantage en la matière, les champs pétroliers du groupe au Moyen-Orient et en Afrique sont particulièrement faciles à exploiter : le coût de production du pétrole conventionnel en provenance de ces zones est d'approximativement 3,5 dollars le baril. Il dispose également d'un champ pétrolier au Brésil et au Suriname.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

