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Engie / Gaz russe / Gaz naturel liquiéfié / GNL
Engie s’adapte à la coupure du gaz russe
Quelles sont les répercussions de l’arrêt des livraisons de gaz russe pour Engie, le premier fournisseur de gaz naturel en France ? Cela fait près d'une semaine que la France ne reçoit plus de gaz russe. Le flux qui transitait par l’Allemagne à destination de la France via le gazoduc Nord Stream 1 est interrompu depuis le 15 juin. Une situation extrême qui n’est pas survenue du jour au lendemain alors que les volumes de gaz en provenance d’Allemagne avaient drastiquement baissé ces derniers mois.
La capacité du point d’interconnexion entre la France et l’Allemagne ne fonctionnait déjà qu’à 10% seulement de sa capacité en début d’année, a révélé GRTgaz, le gestionnaire dominant du réseau de transport de gaz en France, filiale (à 75%) d’Engie et de la Caisse des Dépôts. Depuis le début de l'année, Engie travaille d'arrache-pied à diversifier ses sources d’approvisionnement pour pallier au gaz manquant, avec efficacité. Le groupe l’assure : la situation "n’a pas d’impact sur l’approvisionnement de [ses] clients".
Importations massives de GNL
Que les livraisons "soient désormais totalement coupées demeure gérable en termes de flux physiques d’approvisionnement, grâce au recours aux capacités de substitution, et en particulier aux importations massives de gaz naturel liquéfié (GNL)", abonde l’analyste Louis Boujard d’Oddo BHF. La question néanmoins sera de savoir "si c’est provisoire ou définitif", ajoute-t-il.
Alors que les entrées de GNL sur le territoire ont bondi de 66% sur les cinq premiers mois de l’année, les terminaux méthaniers très fortement utilisés "sont désormais proches de leur maximum technique", prévient en effet GRTgaz. Les capacités de réserve permettant d’assurer une flexibilité des approvisionnements, étant de plus en plus utilisées, la marge de manœuvre diminue mécaniquement, ce qui pourra constituer un défi face à l’obligation de remplir les installations de stockage de gaz d'ici l’hiver prochain. Cela risque de dépendre de la dureté de l’hiver. Selon GRTgaz, "en cas d’arrêt total des livraisons de gaz russe et d’hiver normal, la France devrait pouvoir assurer l’équilibre offre-demande du système gazier français".
Bouclier tarifaire
Afin de permettre à la France de respecter son obligation de remplir à 80% ses installations de stockage souterrain de gaz d’ici au 1er novembre prochain, Engie va continuer à multiplier ses sources d’approvisionnement. Tout comme ses concurrents, le groupe négocie des volumes additionnels, notamment avec la Norvège, les Pays-Bas, l'Algérie ou encore les États-Unis, ce qui tire nécessairement les prix du gaz à la hausse.
Pour autant, la situation ne devrait pas peser sur les comptes d’Engie. Louis Boujard, de Oddo BHF, rappelle ainsi qu' "il y a un bouclier tarifaire sur le marché du gaz, et que ce bouclier est en dernier ressort pris en charge par l’Etat". Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, a confirmé fin mai le gel des prix du gaz jusqu’à la fin 2022 pour les ménages qui pourront bénéficier d’une compensation visant à couvrir la hausse des prix de marché. De plus, ajoute-t-il, "Engie est un groupe diversifié qui vend également de l’électricité. Ce n’est pas parce qu’une division peut souffrir de la situation actuelle que cela remet en cause la profitabilité de l’entreprise sur l’ensemble de l’année. Il y a des effets de compensation entre les différentes branches du groupe".
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