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AIE ; Gaz russe ; Union européenne ; Fatih Birol ; Tribune ; Électricité ; Chauffage ; Conflit Russie-Ukraine

Politique économique / AIE / Gaz russe / Union européenne

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ukraine Gaz russe : l’AIE tire la sonnette d’alarme pour l’Europe

UKRAINE. Alors que la Russie risque de ne pas reprendre ses livraisons de gaz en Europe, Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), met en garde l’Europe et l’incite à réduire dès maintenant sa consommation. L’institution propose des actions concrètes afin de se préparer à l’hiver prochain.
Le gazoduc Nord Stream 1, premier canal d'approvisionnement de gaz en Europe, doit en théorie reprendre du service le 21 juillet (Jens Gyarmaty / LAIF-REA)
Le gazoduc Nord Stream 1, premier canal d'approvisionnement de gaz en Europe, doit en théorie reprendre du service le 21 juillet (Jens Gyarmaty / LAIF-REA)

L’heure n’est plus aux tergiversations mais bel et bien à l’action. Dans une tribune publiée en ligne sur le site de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, son directeur exécutif, met vivement en garde les pays européens, confrontés à la stratégie russe de resserrement du marché du gaz et soumis à la bonne volonté du président Vladimir Poutine. "Le monde connaît la première crise énergétique véritablement mondiale et la situation est particulièrement périlleuse en Europe, qui se trouve à l'épicentre des turbulences", alerte le patron de l’AIE. "Je suis particulièrement préoccupé par les mois à venir", ajoute-t-il.

Selon lui, les efforts mis en œuvre par l’Europe depuis le début du conflit, notamment en termes de diversification des approvisionnements en gaz, constituent un progrès significatif mais encore insuffisant. "Les dernières mesures prises par la Russie pour comprimer encore davantage les flux de gaz naturel vers l'Europe constituent une alerte rouge pour l'Union européenne", souligne Fatih Birol qui exhorte les pays à agir dès maintenant, annonçant que "les prochains mois seront cruciaux".

 

"Chaque jour compte"

 

Pour l’instant, les flux de gaz entre la Russie et l’Europe sont presque à l’arrêt en raison de ce que la Russie qualifie de "maintenance planifiée" de gazoduc Nord Stream 1 jusqu’au 21 juillet. Après cette date, et dans l’hypothèse où les livraisons de gaz reprendraient à des niveaux similaires à ceux d’avant la maintenance au moins jusqu’à début octobre, l’AIE estime qu’il est encore possible d’atteindre un niveau de stockage de gaz de 90 % en prévision d’un hiver difficile, à condition toutefois que les Vingt-Sept s’accordent pour réduire dès maintenant leur consommation.

Concrètement, le volume de gaz supplémentaire devant être économisé au cours des trois prochains mois est de l'ordre de 12 milliards de mètres cubes, soit suffisamment pour remplir environ 130 méthaniers. En effet, les seules sources d’approvisionnement non russes (Norvège, Azerbaïdjan, Afrique du Nord et production intérieure), même au maximum de leurs capacités, ne fourniraient pas les volumes nécessaires au bon fonctionnement du réseau européen. "C'est une demande importante, mais elle n'exagère pas l'ampleur de ce qui est nécessaire - ou de ce qui est possible si les bonnes mesures sont prises", insiste Fatih Birol.

 

Des actions concrètes

 

Dans ce contexte difficile et incertain, et alors que le géant gazier russe Gazprom joue la carte de la "force majeure" pour s'exonérer de sa responsabilité vis-à-vis des baisses massives de ses livraisons de gaz à l'Europe, l’AIE émet cinq recommandations afin de se préparer à l’hiver prochain. L’agence invite d’abord les dirigeants européens à introduire un système de plateformes d’enchères pour inciter les utilisateurs de gaz industriel à réduire leur demande. Elle préconise ensuite de minimiser l’utilisation du gaz dans le secteur de l’électricité, quitte à relancer temporairement des centrales à charbon ou à pétrole, et de réduire la demande d’électricité des ménages. Enfin, l’institution recommande d’améliorer la coordination entre les opérateurs de gaz et d’électricité en Europe et d’harmoniser les plans d’urgence, au niveau national et européen.

"Cet hiver pourrait devenir un test historique de la solidarité européenne - un test qu'elle ne peut se permettre d'échouer - avec des implications bien au-delà du secteur de l'énergie. L'Europe pourrait bien être appelée à montrer la véritable force de son union", conclut Fatih Birol.

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