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Europe : le FMI chiffre le coût d’une coupure de gaz russe
Les semaines passent et une rupture totale de l’approvisionnement en gaz russe pour les Européens est une thèse dont la probabilité n’a de cesse de croître alors que les livraisons ont déjà été fortement réduites depuis la fin du printemps (elles ont été divisées par quatre par rapport au niveau qu’elles affichaient il y a un an et par trois depuis avril).
Si jamais elles devaient complètement s’arrêter, cela coûterait, dans le pire des cas, trois points de Produit intérieur brut (PIB) à l’Union européenne (UE), d’après les calculs des experts du Fonds monétaire international (FMI), au cours des douze prochains mois.
"Notre travail suggère qu'une réduction jusqu'à 70 % du gaz russe pourrait être gérée à court terme en accédant à d'autres approvisionnements et sources d'énergie et compte tenu de la réduction de la demande due aux prix précédemment élevés", expliquent Mark Flanagan, Alfred Kammer, Andrea Pescatori et Martin Stuermer, économistes au FMI. "Toutefois, la diversification serait beaucoup plus difficile en cas de fermeture totale. Des goulots d'étranglement pourraient réduire la capacité de réacheminement du gaz en Europe en raison d'une capacité d'importation insuffisante ou de contraintes de transport. Ces facteurs pourraient entraîner des pénuries de 15 à 40 % de la consommation annuelle dans certains pays d'Europe centrale et orientale", préviennent-ils.
Deux scénarios sont envisagés : l'un est une approche de "marché intégré" qui suppose que le gaz peut aller là où il est nécessaire et que les prix s'ajustent. L'autre est une approche de "marché fragmenté" qui implique que le gaz ne peut pas aller là où il est nécessaire, quelle que soit l'augmentation des prix.
En cas de contrainte physique, l'impact négatif sur la production économique serait significatif : jusqu'à 6 % du PIB pour certains pays d'Europe centrale et orientale où l'intensité de l'utilisation du gaz russe est élevée et où les approvisionnements alternatifs sont rares, notamment la Hongrie, la République slovaque et la République tchèque. "L'Italie serait également confrontée à des répercussions importantes en raison de sa forte dépendance à l'égard du gaz pour la production d'électricité", notent les économistes.
Compte tenu de sa faible dépendance au gaz russe, l’activité économique française, elle, se verrait amputée d’environ un point de PIB dans le pire scénario (contre 3 points pour l'Allemagne).
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