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Gare à la correction sur les marchés
Depuis le début de la crise pandémique, de nombreux commentaires ont émergé pour dénoncer le découplage entre la dynamique des marchés financiers et celle de l’économie réelle ; reprise en V pour les uns et en "tôle ondulée" pour l’autre sous l’effet de confinements récurrents.
Sur ce plan, le Fonds monétaire international (FMI) ne prend pas parti et se contente de rapporter que divers analystes et investisseurs continuent de s'inquiéter du fait que les actifs risqués, comme les actions et les obligations d'entreprises, sont surévalués compte tenu des fondamentaux macroéconomiques, entre autres. À l’inverse, d’autres justifient ces valorisations par un environnement de taux d’intérêt bas pour une longue période de temps en raison des politiques monétaires menées par les banques centrales. Les marchés actions, eux, bénéficiant en plus de révisions à la hausse des prévisions des bénéfices par action depuis l’annonce d’un vaccin.
Malgré cette divergence d’opinions, le FMI évoque une uniformité des points de vue de plus en plus dominante sur les marchés au profit de la vision optimiste, si bien qu’"avec des investisseurs qui misent sur le soutien durable des pouvoirs publics et des marchés qui semblent de plus en plus complaisants devant la hausse continue des valorisations des actifs, les dirigeants doivent être préparés aux risques d'une correction des marchés", alerte le FMI dans son dernier rapport sur la stabilité financière mondiale (GFSR).
Et dans un billet de blog accompagnant la publication de ce rapport, Tobias Adrian, conseiller financier du FMI, et Fabio Natalucci, en charge du GFSR, expliquent qu’une telle correction - en raison par exemple d’une hausse persistante des taux d’intérêt - provoquerait un resserrement des conditions financières, et ainsi entraînerait une dégradation des vulnérabilités financières existantes. Et l'institution de Washington de citer parmi ces dernières : la hausse de la dette des entreprises, les fragilités du secteur des institutions financières non bancaires, l’augmentation de la dette souveraine ou encore la baisse de la rentabilité dans un certain nombre de systèmes bancaires. Si elles étaient affectées, ces vulnérabilités pourraient ainsi avoir des répercussions sur la confiance et donc mettre en péril la stabilité macrofinancière.
Afin d'éviter cet écueil, Tobias Adrian et Fabio Natalucci recommandent aux dirigeants d'adopter des mesures macroprudentielles plus strictes,"par exemple, avec notamment des tests de résistance ciblés dans les banques et des outils prudentiels pour les emprunteurs très endettés".
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