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Des "poches d’exubérance" inquiètent la Banque centrale européenne
La stabilité financière n’est pas menacée… en tout cas pas à court terme. C’est l’un des messages envoyés par la Banque centrale européenne (BCE) dans son rapport qui vient de paraître sur la stabilité financière. "La reprise économique dans la zone euro a réduit les risques à court terme liés à la pandémie qui pèsent sur la stabilité financière", explique l’institution de Francfort.
En effet, rebond oblige, les bénéfices des entreprises des Dix-neuf ont repris du poil de la bête, si bien que, "les risques de taux élevés de défaillances d’entreprises et de pertes pour les banques sont à présent nettement plus faibles qu’il y a six mois", signale Luis de Guindos, vice-président de la BCE, qui précise toutefois que les risques liés à la pandémie n’ont pas totalement disparu. Dans son rapport, l’institut d’émission s’est également intéressé de près à l’évolution du prix des actifs. Il en ressort que "le risque de corrections des prix a augmenté sur certains marchés immobiliers et financiers", la Banque centrale évoquant des "poches d’exubérance".
Du côté de la pierre, les prix résidentiels ont augmenté à leur rythme le plus rapide depuis 2005 durant le deuxième trimestre, dans un contexte d'assouplissement des conditions d'octroi des prêts hypothécaires. Si la BCE reconnaît que cette hausse fut en partie le produit de la reprise économique, "la poursuite d'une forte croissance des prix de l'immobilier, de l'ordre de 7 % au niveau agrégé de la zone euro, reste préoccupante, dans un contexte de signes de hausse des prix plus généralisée dans les zones urbaines et non urbaines", estime-t-elle. Aussi, "les signes croissants" de surévaluation des prix de l’immobilier résidentiel pour la zone euro conduisent ce marché à être davantage vulnérable à une correction, "en particulier dans les pays où les niveaux de valorisation sont plus élevés", lit-on dans le rapport. Selon le modèle utilisé par la BCE, la surévaluation moyenne en zone euro serait comprise dans une fourchette allant de 10 à 20%.
Concernant les marchés financiers, la combinaison de taux d’intérêt réels historiquement bas et de valorisations élevées rend "les marchés des obligations de qualité inférieure à celle d'un investissement et certains marchés d'actions vulnérables aux chocs de taux d'intérêt et de croissance", analyse la BCE. Le rendement d'un large panel d'actifs (notamment les obligations privées, souveraines et les actions) se situe à 2 écarts-types au-dessus de sa moyenne de long terme, d'après les calculs de l'institution.
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