Macro-économie / Taux / PGE / Comité de suivi
Macro-économie / Taux
PGE / Comité de suivi
Les aides apportées par Bercy atteignent leur cible
Le Comité de suivi de l’aide financière apportée aux entreprises par le gouvernement, a dévoilé ce mardi son premier rapport qui porte sur les montants distribués entre les mois d’avril et de septembre 2020. Premier constat, "l'ensemble des dispositifs bénéficient principalement à des entreprises qui sont petites ou moyennes" affirme l’économiste Benoit Cœuré, ancien membre du directoire de la Banque centrale européenne et président du Comité.
Les milliards déversés par le gouvernement depuis des mois dans le cadre du chômage partiel, des fonds de solidarité, des Prêts garantis par l’État (PGE), et des reports de cotisations pour aider les entreprises à traverser la crise, ont majoritairement (à hauteur de 80 %) bénéficié aux petites entreprises de moins de 250 salariés sur la période concernée par l’étude.
Concernant les très petites entreprises (TPE) de moins de 10 salariés, la moitié du montant des contributions sociales leur a été attribuée sur la période d’observation. En revanche à peine plus d’un quart (27 %) du montant de l’aide au chômage partiel leur a été versé. "Il y a une forme de spécialisation des aides par taille d'entreprise" constate le président du Comité. Le fonds de solidarité a, pour sa part, davantage bénéficié aux petites entreprises ou de taille moyenne tandis que les prêts garantis par l’État sont allés majoritairement aux grandes entreprises.
Autre enseignement de ce rapport : les aides offertes par Bercy n’ont, a priori, pas favorisé la survie d’entreprises zombies "même s'il faut encore une réflexion supplémentaire avant de conclure" précise son président. En témoigne : les entreprises considérées en situation financière difficile par la Banque de France ne sont pas celles qui ont eu le plus recours aux aides disponibles. Le taux de recours à l’activité partielle est de 75 % pour les entreprises ayant une cote de crédit élevée (correcte à excellente) tandis qu’il se situe entre 40 % et 45 % pour les autres entreprises.
Le mot final sera donné lors des publications des deux autres rapports qui suivront : une version améliorée de celui-ci paraîtra à la fin du mois de mars et la version finale paraîtra fin juillet. Pour rappel, dès le lancement des mesures de soutien financier aux entreprises confrontées à l’épidémie au printemps dernier, le premier ministre a demandé la création de ce comité de suivi indépendant. L’expertise conjuguée du centre de réflexion économique de Matignon, France Stratégie, et de l’Inspection générale des finances, de parlementaires, directeurs d’administrations et syndicats a permis la publication de cette première analyse.
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