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Taux de chômage France

Macro-économie / Taux / taux de chômage / France

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Le taux de chômage français baisse seulement en façade

Le confinement de l’automne dernier a généré un biais baissier dans les chiffres du chômage qui ne doit pas masquer d’autres indicateurs inquiétants.
Pôle emploi
Pôle emploi

Selon les données publiées par l’Insee, le taux de chômage a atteint 8% au quatrième trimestre 2020, soit une  baisse de 1,1 point quand, dans le même temps, le Produit intérieur brut (PIB) en volume s’est contracté de 1,3%. Ce phénomène paradoxal s’explique en partie par le confinement qu’a connu le pays des Lumières en automne, explique l’Insee.

En effet, pour être chômeur au sens du Bureau international du Travail (BIT), il faut avoir effectué une démarche de recherche d’emploi au cours des quatre dernières semaines et se déclarer disponible dans les deux semaines pour occuper un emploi. Or, "ces deux comportements, disponibilité et recherche, ont été plus ou moins affectés par les limitations de circulation des personnes et par la perception que ces dernières avaient des possibilités offertes sur le marché du travail en cette période de crise sanitaire", décrypte l’institut statistique. En conséquence de quoi, le halo autour du chômage a augmenté de 49.000 par rapport au trimestre précédent ; parmi les personnes inactives au sens du BIT, 1,753 million de personnes souhaitent un emploi sans être considérées au chômage. Autre conséquence du confinement, l’Insee note une augmentation du sous-emploi (+1,7 point), à 8,9 % et comme au deuxième trimestre, "la hausse du sous-emploi concerne exclusivement les personnes ayant involontairement travaillé moins que d’habitude (ce qui inclut le chômage partiel)", rapporte l’institut statistique.

La somme de ces indicateurs envoie ainsi un message plus qu’inquiétant : plus d’un participant au marché du travail sur cinq (personne active ou dans le halo autour du chômage) se trouve contraint dans son offre de travail, soit par l'absence d'emploi (au chômage ou dans le halo autour du chômage), soit en raison d'une situation de sous-emploi. Cette part augmente de 0,8 point sur le trimestre, à 21%, soit 3,3 points au-dessus de son niveau d’avant-crise.

Cette année, le marché du travail devrait connaître deux évolutions majeures, selon Charlotte de Montpellier, économiste chez ING. "Premièrement, le nombre de personnes en sous-emploi devrait diminuer une fois que les restrictions en matière de santé auront été levées et que le recours au chômage partiel aura été réduit. Dans le même temps, une fois la reprise amorcée, le taux de chômage devrait augmenter. En effet, certaines personnes qui ont quitté le marché du travail devraient le réintégrer", analyse l’économiste. Aussi, le taux de chômage au sens du BIT pourrait atteindre 10 % en 2021, avant de diminuer lentement en 2022 et 2023, prévoit Charlotte de Montpellier qui estime "peu probable" qu'il retrouve son niveau d'avant la crise avant la fin de 2023 ou même de 2024 – il se situait à 8,1% au quatrième trimestre 2019.

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