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Taux - Dette Souveraine / émissions obligataires / Agence France Trésor

Taux - Dette Souveraine
émissions obligataires / Agence France Trésor

La France émet à 10 ans à taux positif

C'est la première fois depuis le mois de juin que l'Hexagone a émis des titres à échéance dix ans à un rendement positif. La conséquence notamment de l'abondance d'émissions souveraines ces dernières semaines, alors que l'ensemble des États européen a accru son programme de financement en 2021 pour financer les plans de relance.
Bureaux de l’AFT - Agence France Trésor
Bureaux de l’AFT - Agence France Trésor

L'Agence France Trésor a émis ce matin pour près de 11 milliards d'euros de titres à long terme, à des taux en légère hausse par rapport aux dernières émissions de même échéance. L'organisme chargé de la gestion de la dette française a ainsi émis pour 2,23 milliards d'euros d'obligations à 8 ans, à un rendement de -0,18%, pour 6,56 milliards de titres à 10 ans à un taux de 0% et pour 2 milliards d'euros d'OAT mai 2052 (31 ans) à un rendement de 0,78%. Soit un rendement supérieur à celui offert sur le marché secondaire, qui tournait autour de -0,8% aujourd'hui. C'est la première fois depuis juin 2020 que la France émet des titres à échéance dix ans, à un taux tout juste positif. La demande a été relativement importante sur les échéances 8 et 31 ans, de 2,4 fois supérieure à l'offre en moyenne, mais moins importante pour les titres à dix ans, de 1,65. "Un bid to cover de 1,65 correspond au bas de la fourchette en termes de demande moyenne. Le plus bas est de 1,5", souligne Guillaume Martin, stratégiste chez Natixis. Ce qui explique aussi que l'AFT ait dû payer un peu plus cher que lors de la dernière émission de dernière échéance pour les titres à 10 ans.

Plusieurs raisons expliquent ce moindre appétit des investisseurs ce matin pour les titres français à dix ans, pourtant considérés comme une des valeurs les plus sûres sur les marchés obligataires. "En termes de liquidité, la période autour du week-end de Pâques n'est pas forcément optimale. Beaucoup de clients sont absents et n'ont pas donc pas pris part à l'émission de long terme de ce matin", poursuit Guillaume Martin. Par ailleurs, la demande a été beaucoup plus forte lors de la précédente émission française de même échéance, de 2,67 fois supérieure à l'offre. Une partie des investisseurs institutionnels a donc sans doute pris de l'avance en achetant davantage de titres lors de la dernière émission, où les conditions étaient plus avantageuses.

Dernier élément susceptible d'expliquer cette moindre demande, l'abondance d'émissions souveraines européennes ces dernières semaines. "L'Italie a réalisé hier une importante émission, qui a atteint plus de 85 milliards d'euros d'ordre et quelques jours plus tôt, c'était l'Espagne", explique encore le stratégiste. Les investisseurs ont donc l'embarras du choix face aux très nombreuses adjudications des États du Vieux Continent. Selon les données de Refinitiv, les émissions de dette européennes ont atteint 373 milliards d'euros entre début janvier et fin mars, soit un montant trimestriel de 20% supérieur à celui de l'an dernier, et un record historique sur les seuls mois de janvier et février. La conséquence de la hausse des besoins de financement des États européens, qui doivent tous financer leurs importants plans de relance de leur économie.

 

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